Bienvenue sur ce blog inclassable d'un type qui "voyage" depuis trois ans
entre
Valparaiso et la Sarkolandia
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Devenu fainéant avec l'âge, régulièrement, ici, un nouveau texte... mais pas forcément tous les jours...
 ca dépend du vent....
et n'oubliez pas de cliquez sur les photos pour voyager...

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Mardi 28 août 2007

Paris est une femme.
Paris est une femme qui vous prend de haut au début, 
parce qu'elle connaît sa force et ses faiblesses.
Paris est une femme qui n'accepte de vous parler
que si vous parlez le premier,
avec tact, courtoisie et talent.
Paris est une femme qui peut vous regarder et vous écouter
pendant des heures, sans rien dire.
Paris est une femme qui evoûte mais vous écoute.
Paris est une femme que l'on rêve d'aimer
et qui se laisserait aimer,
si seulement vous acceptiez tous ses défauts.
Paris est une femme qui fait peur à tous les hommes sensés.
Paris est une femme qui l'on ne peut que trahir,
parce que lui mentir permet de rester vivant
et libre.
Paris est une femme.
Paris est la femme.
Paris n'est pas ma femme.
Paris fut ma flamme,
elle demeure belle
séduisante, envoutqnte, déroutante
ennivrante,
belle riche et cultivée,
intelligente et raffinée
sophistiquée, trop sans doute.
Et quand vous vous rendez compte qu'elle semble ne plus vous écouter,
alors, n'attendez pas,
il est temps de fuir, de partir.
Il est temps de vous sauver.
Paris, Pénélope capitale saura vous attendre.
Du moins, vous en donnera-t-elle l'illusion.
Paris est une femme,
et mon voyage continue.



Samedi 24 février 2007
J’ai mangé mes meilleures sardines grillées dans des rues en pentes, sous un soleil généreux et dangereux, sur des trottoirs remplis d’escaliers qu’arpentaient de petites femmes brunes résolues à grimper sans cesse jusqu’au ciel, jusque chez elles.
Les  maisons colorées d’azulejos s’y empilent jusqu’en haut des collines et s’écroulent dans la faille centrale de cette capitale, jusqu’à sombrer dans l’océan.
                                                                Clic ?
Bien que ces drôles de poissons soient sortis de l'eau du lac le plus haut du monde (le Titicaca) et que nous pourrions croire qu’il s’agit, dans cette description introductive, de cette Valparaiso maintes fois décrite ici, il n’en est rien, nous sommes en Europe, à 12 000 kilomètres de Valparaiso.
Nous sommes à Lisboa, Lisbonne comme nous l’appelons en France, parce que les Français font chier tout le monde à vouloir changer le nom des capitales, de London en Londres, de Roma en Rome, de Hamburg en Hambourg, de Köln en (eau de) Cologne… et de Chile en Chili !
Je reste persuadé que Lisbonne aura beaucoup influencé Valparaiso.
Même si cette dernière fut aussi bâtie, développée et enrichie par les "apports étrangers " des Allemands, Anglais, Français et Espagnols, les Portugais ne sont pas en reste. En témoignent d’abord les noms portugais présents sur de nombreuses tombes des vieux cimetières.
Mais ce qui, à moi, me frappe le plus, c’est une sorte de ressemblance (comme entre deux cousins) entre les Chiliens et les Portugais, pas seulement d’un point de vue physique que par un attitude.
Les Chiliens sont trop timides, humbles, discrets et peu sûrs d’eux pour être vraiment italiens ou allemands. Ils ne supportent pas la critique ou l’esprit critique et donc ne sont pas comme les Français. Et ils manquent de confiance en eux pour être espagnols. Ils sont modestes, humbles et généreux, vous ouvrent les bras et leur cœur facilement et, en ce sens, me font penser aux habitants de Lisbonne rencontrés durant ce court séjour que je fis il y a quelques années.
Lisbonne m’apparut comme une des plus belles villes d’Europe, construite en bordure de l’océan Atlantique sur des collines escarpées, à l’instar d’une Valparaiso sur le Pacifique. Et, à Lisbonne aussi, se mélangent les riches et les pauvres, le moderne et l’ancien, les couleurs des maisons et les musiques du voisinage, les odeurs de cuisine délicieuses et les rires des enfants dans les rues. Comme à Paris ou à Valparaiso, il faut déambuler pour apprécier Lisbonne. Il faut monter et descendre sans cesse, tourner pour découvrir d’autres ruelles, d’autres quartiers pittoresques, d’autres ambiances et s’immerger pleinement dans l’âme du Fado.
Et ce tango Porteño de Valparaiso, plus dans le lamento que celui
de Buenos Aires me rappelle les lamentations  sublimes des chanteuses de Fado entendues à Lisbonne.
Lisbonne est une ville qui me fascina, tant par son riche patrimoine que par la gentillesse de ses habitants.
                                                                Clic ?
Je me rends comte aujourd’hui que cette vision positive du port portugais m’aida sans doute à apprécier Valparaiso sa cousine chilienne.
Lisbonne est une ville qui garde une place privilégier dans la trajectoire de mes voyages.
Jeudi 26 octobre 2006
Cher Bertrand
En réponse à ta lettre de la semaine dernière, je me dois de te répondre avec toute ma franchise. Tu fais chier !
Tu voyages, tu déambules, erres et te perds, pas seulement physiquement ou géographiquement mais aussi idéologiquement et intellectuellement.
Comment peux-tu m’en vouloir, moi la première ville chilienne qui t’ai accueilli, avec le sourire du soleil et de ses gens ?
Comment peux-tu m’insulter, moi qui restai polie, discrète et élégante autant que la pauvreté de ma population me le permette ?
Ma beauté ne doit rien aux ors de la Républiques comme dans ton foutu pays donneur de leçons.
                                                         Cliquer pour aller à Paris ?
Mais ma belle taille me permet de te regarder de haut et de ne pas rougir de ma richesse d’âme et de cœur quand, dans un même temps, le gaspillage de ta capitale me rend triste à défaut de me faire vomir.
Alors, si j’ai faim, pour manger, je veux bien sacrifier quelques terrains pour construire des tours qui sont après tout le reflet d’une certaine réussite économique et un rajout de confort non négligeable. Et je ne fais que suivre la trajectoire que suivirent toutes les villes importantes de ton pays où les rois du béton font des télévisions, de la communication et de la politique.
                                        Clic pour aller en ville ?
Et puis, que dire de ta mauvaise foi quand tu dis t’ennuyer ou te perdre alors que je vois bien que chaque fois que tu reviens arpenter mes rues et mes parcs, c’est pour t’émerveiller de découvrir de nouveaux lieux intéressants, sympathiques, distrayants et d’une qualité qui n’a rien à envier à tes endroit à bobos parisiens.
Alors, avant de m’envoyer par Blog interposé, une lettre ridiculement haineuse et gratuite, appelle moi qu’on discute, je sais que tu as fait des progrès en espagnol, nous devrions pouvoir nous entendre.
J’ai même appris que tu reviens aujourd’hui pour visiter mon salon du livre ?
Allez, souris, et buvons à la joie de nous retrouver.
                                                                                            
                                                                                 Santiago de Chile
Vendredi 20 octobre 2006

   En Castellano : Aqui

Chère Bordeaux,
Je ne pouvais pas commencer cette nouvelle rubrique de lettres aux villes qui sont le paysage de mes voyages sans commencer par toi.
Bordeaux, ville portuaire à l’histoire riche et prestigieuse, bourgeoise jusqu’au bout de tes quais, qui s’agenouille sur le retour de Juppé.
Bordeaux qui m’a vu naître une semaine avant que le premier homme marche sur la lune.
Bordeaux qui m’a ouvert ses bras tandis que le chirurgien ouvrait le ventre de ma mère, un dimanche, à l’heure e l’apéro, la veille der la fête nationale. C’était il y a 37 ans.
Mais je n’ai jamais habité chez toi, je t’ai préféré Pau ou Toulouse pour mes études et Paris pour y vivre. Il faut dire que ton campus de Talence n’a rien d’attrayant.
Finalement, je ne suis venu te visiter qu’en voyage, de passage, ponctuellement, deux jours par-ci, trois jours par-là, en visite dans la famille, chez ma sœur ou chez quelques cousins…
Je suis beaucoup venu au moment des fêtes de Noël, tu t’en souviens, emmené par une mère soucieuse de faire des cadeaux de qualité pour la Noël en prenant le plaisir de lécher tes vitrines dégoulinantes et luxueuses de tes quartiers bourgeois et rupins, du vin et du bouchon.
                                         Clic pour Bordo ou Valparaiseaux ?
Chère Bordeaux, tu as beau être la ville de ma naissance, tu as beau avoir eu un de mes aïeux comme maire (ce cher Emile Fourcan), celle qui colle son identité à jamais sur la mienne, celle dont je supporte le club de football des Girondins, je me perds à chaque fois que je me rends dans tes rues et tes avenues, comme un acte manqué perpétuel sur mes origines ou mes racines. Comme si je ne me plaisais pas chez toi, ou comme si toi, de tes faux airs hautains, ou du hauts des milliers de souvenirs familiaux qui hantent tes rues et tes maisons, tu ne voulais pas m’accepter comme l’un des tiens.
Je ne comprends même pas, ni le sens de la circulation, ni la mentalité de ses habitants quand ils sont au volant, ni le plan de la ville. Perpétuellement égaré dans tes quartiers.
Serais-tu vexée de toutes les mauvaises pensées que j’ai pu avoir sur ton compte ?
Sais-tu tout le mal que j’ai pu dire de tes habitants qui polluent en 4x4 avant d’aller bouffer des huîtres à Arcachon dans l’espoir d’apercevoir Sarkozy ou Juppé ?
Sais-tu tout le mal que j’ai pu dire sur ton manque de ponts pour enjamber la Garonne ?
Non, toi et moi, ne nous connaissons pas assez pour nous juger bien.
La preuve en est que je t’ai redécouverte avec plaisir, étonnement et ravissement la dernière fois que je suis passé par chez toi, empruntant ton nouveau tramway pour me rendre dans le nouveau centre-ville libéré de l’automobile.
Ce centre ville qui est beau, très réussi… mais à quel prix ?
Qui sont tes nouveaux esclaves, en échos de ton enrichissement sur ce marché triangulaire que tu n’as toujours pas expié à la hauteur du mal causé et de l’enrichissement acquis ?
                                      Clic pour Bordo ou Valparaiseaux ?
Petit, il paraît que j’ai dit à ma mère quelque chose comme :
«  C’est triste ici, c’est tout gris !
Moi j’aimerais repeindre les maisons en couleurs »
Véridique ! Mais m’en veux-tu pour ces mots aujourd’hui encore ?
Alors, tu comprendras maintenant pourquoi Valparaiso, avec ses maisons en couleurs et la simplicité de sa population, peut autant me plaire.
C’est comme une réponse à ton caractère et ton attitude, à ton identité qui, malgré les ravalements de façades, les investissements urbains coûteux et luxueux, font de toi une ville bourgeoise, chic, riche. Mais une ville un peu froide aux premiers abords, un peu impressionnante, et qui devrait un peu se laisser aller à divaguer sous les effets de son si délicieux vin !
Chère Bordeaux, laisse-toi aller, redevient simple, ouverte et gaie, comme le sont tous les grands ports du monde, de Hambourg à Valpraiso, de Marseille à San Francisco, de Punta Arenas à Calao…
Je te dis à bientôt, car, malgré tout, même de passage, toujours en voyage, je passerai encore par tes quais, un de ces jours, te saluer…
Bertrand

Vendredi 13 octobre 2006

Chère Santiago,
Puisque je veins te rendre visite pour deux jours, je t'écris ces quelques mots.

Santiago, je te hais.
Tu n’as rien en comment avec sa soeur de Compostelle ou ta cousine de Cuba.
Tu es une ville prétentieuse, sale, polluée et polluante, nocive pour les poumons, le cœur et l’âme.
Tu te crois capitale d'un pays riche et puissant, mais tu es pauvre déglinguée, pleine de trous et de nids-de-poule.
Tu t’es voulue capitale, mais tu n’auras jamais l’allure que peut avoir en son époque de gloire la mythique Valparaiso.
Tu n’es pas un port, mais une agglomération tentaculaire qui n’a cessé de s’étaler jusqu'à buter contre les montagnes alentours.
Cuvette naturelle devenu cuvette de chiottes du phénomène grégaire, industriel et économique humain, on a envie de te tirer la chasse pour faire un grand vide.
En capitale qui avale le tiers de la population de ton pays alors hydrocéphale, je t’abhorre.
En capitale qui n’en finit pas de phagocyter le pays entier, son argent,
son activité économique et politique, sa population, son énergie, ses artistes,
sa culture, je te déteste.
Et encore, cela ne te suffit pas, les rares choses que tu n’as pas,
tu les convoites, insatiable.
Que ferais-tu du Parlement si bien installé à Valparaiso, par exemple.
Et le développement actuel du pays continue de te faire grossir, continue de t’enlaidir, à coup de constructions aussi archaïques et chaotiques qu’hideuses. Des tours, toujours plus de tours, toujours plus haut, parfaitement amnésique de la sismicité du pays, tu croies t’élever avec tes buldings, mais tu t’enfonces dans la médiocrité des villes esclaves de la mondialisation, de l'apparence et du tout marketing.        (Clic ?)

Tu ne réfléchis à rien, ni a inventer autre chose qu’un tout automobile que tu découvres quand c’est déjà l’automne de l’automobile partout ailleurs dans les pays que tu voudraient copier.
Et après la finition de ton superbe périphérique qui coûte les yeux de la têtes des Chiliens croulant sous les crédits à la consommation, on voit fleurir tout autour de toi ces nouveaux temples de la consommation que sont des MALL hideux et insolents, voire pervers et dégradants pour ta population qui travaillent trop pour pas assez. Ces MALL où le client se retrouve prisonnier pourvu qu’il reste le plus longtemps possible à acheter acheter et acheter.
Tu es toi-même, Santiago, en train de te transformer en MALL géant et bruyant, ne manque plus dans tes rues que la musique lancinante, grinçante et promotionnelle.         (clic?)

Et ton attitude, ce que tu es ou ce que tu représentes, déteint sur tes habitants qui oublient d’être polis quand ils se promènent dans les boutiques de Valparaiso, qui sont envahissants sans vergogne les week-end et qui oublient que Valparaiso n’est ni un MALL, ni une ville du paraître ou de l’avoir, mais un vieux port qui tente de ne pas mourir et accepte de les recevoir humblement, avec sincérité, comme une grand-mère malade.
N’oublie pas, Santiago, que Valparaiso a été la Reine du pays bien avant toi et bien plus belle que toi et que l’histoire retiendra sans doute toujours plus la Perle du Pacifique que Saint Jacques du Chili !

 

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