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  • : Blog d'un voyageur égaré à Valparaiso, au Chili, qui a crapahuté en Argentine et Pérou et voyagé aussi en Cargo. Résultat : textes en tout genre, carnet de voyage, photo, réflexions et même un peu de poésie dans ce monde de brutes.
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Pourquoi Valparaiso ?

Viernes 18 septiembre 2009
A Valparaiso, on dit aux Etrangers désireux de rester :
"Si tu veux vivre au Chili, commence par tuer ton impatience".
Pour maintenir un Blog, il faut du temps, de la persévérance, les idées en ordre.
Pour vivre au Chili, il faut être milliardaire ou ne pas compter les heures.
Il est plus facile de vivre de son art à Valparaiso qu'en France,
parce que c'est une ville accueillante, inspiratrice,
parce que l'on peut y survivre avec trois francs six sous,
parce que les Gringos achètent parfois sans compter
n'importe quel bout de tissu barbouillé de couleurs vives.
Mais la vie privée à valparaiso est délicate,
parce que tout le monde vous le dira :
"ici tout se sait, ou tout finit toujours par se savoir".
Valparaiso fonctionne comme un gros village,
et si vous venez vous y installer vous ferez partie du paysage,
et vous participerez à la légende, aux mythes.
Parce que depuis toujours, Valparaiso s'est voulue impressionniste,
construite par petites touches de couleurs,
une ville que l'on regarde en reculant pour en apprécier la beauté,
un jeu de couleurs, d'impressions, de sensations,
une ville qui éblouie non par sa précision mais par son inspiration.
Un village de peintre.
L'art est persévérance, création obsédante, talent du travail,
loin de l'impatience, de la virtualité et du mensonge.
Vivre dans une peinture impressioniste représentant un village colorée,
c'est tout un art !
Por Bertrand - Ver los 0 comentarios
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Jueves 29 enero 2009

En plein coeur de Valparaiso, dans sa zone la plus ancienne, se trouve un endroit nommé aujourd'hui Parque cultural ex-carcel, soit une ancienne prison reconvertie en lieu culturel.
Sur ce site, originellement s'installèrent, il y a bien longtemps, les militaires, car c'était un surplomb idéal pour surveiller et se défendre, et on y trouve un des plus vieux bâtiments de Valparaiso, le polvorin, soit la poudrière, sorte de voute de briques...
Ensuite, je suppose que la forteresse, ou plutôt, son mur d'enceinte et son caractère militaire en auront convaincu plus d'un d'en faire une prison.
Prison à la triste mémoire, car l'expansion de la ville va non plus la laisser isolée de la ville, mais va l'installer en plein coeur, permettant aux femmes de prisonniers de venir crier avec leur époux, permettant à la population d'entendre les souffrances, les cris, les pleurs et les brimades, les révoltes et les joies (parfois) de leurs enfants enfermés.
Il faudra attendre 2000, la construction d'un nouvel établissement conforme avec l'idéologie du XXe siècle que l'on se fait des prisons pour enfin fermer définitivement cette prison ancesttrale, insalubre, inhumaine, que Pinochet lui-même ne renia pas.
En 2001, un projet innovant et intelligent transforma l'endroit en lieu culturel ouvert à tous et plus particulièrement aux gens des quartiers alentours. Mais beaucoup de ces mêmes alentours n'ont pas vu d'un bon oeil venir boire et fumer un nombre toujours grandissant de jeunes "artistes" du cirque, de la rue ou d'autres, s'énervant des tam-tam récurrents, des fêtes nocturnes, du bruits, et ont petit à petit dénoncé l'existence du plus beau projet culturel de la ville.
L'Etat décentralisé a bien tenté à plusieurs reprises de fourguer le site à des promotteurs, mais les projets comme souvent à Valparaiso, ont fait naufrage, jusqu'au dernier récent et retentissant.
L'an dernier il était annoncé que Niemeyer, le fameux, allait construite un truc génial à cet endroit. Aussitôt, mobilisation des acteurs en charge du lieu pour manisfester leur étonnement et leurs craintes.
En fait, Niemeyer avait offert à la ville de Valparaiso, le dessin, l'ébauche du truc... Et quand son cabinet d'architectes envoya le prix de la réalisation, on s'étrangla, alors le Brésil, pour cadeau de bicentenaire au Chili accepta de payer la note du maestro... mais il est dit que les plus beaux projets naufragent à Valparaiso et le projet est mort-né... Mais pour ne pas perdre la face devant ce nouvel échec et cette nouvelle désillusion, l'Etat cherche à utiliser la dynamique lancée avec Niemeyer pour lancer un concours de projets...

J'ai choisi de vous parler de cet endroit
parce qu'il y a peu de temps est mort John McCaughan.
Il avait réalisé et interprété ce qui pour moi est la meilleur série télévisée que je connaisse : "Le Prisonnier",
et son fameux "je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre".

Histoire d'un espion repenti qui se retrouve parachuté dans un village mystérieux rempli, en apparence, d'anciens espions... à moins que ce ne soit une prison dorée où la torture est avant tout psychologique.
C'était au début des années 80... Un bijou.

Et le hasard (qui n'existe toujours pas) fait qu'en ce moment je regarde (et découvre enfin) une autre série tout aussi percutante : "OZ".
OZ est vraiment une télésérie du XXIe siècle. Elle montre la vie de toutes les personnes à l'intérieur d'une prison des USA, et elle montre tout : l'enfermement, les tensions, les discriminations, brimades, violences, humiliations, viols, perversions... parmi les prisonniers comme parmi les employés, du maton au directeur en passant par le pasteur ou les visiteurs.
Je ne la recommanderais qu'aux gens aux tripes bien accrochées.

Evidemment, ce thème de la prison n'est pas non plus ici
comme un cheveux sur la soupe.
Entre un Obama qui pourrait profiter de son aura pour changer la politique carcérale américaine, atrocement injuste et inutile et un Sarkozy qui n'arrête pas de remplir les prisons depuis qu'il est ministre de l'Intérieur,
il y en aurait des choses à dire et à dénoncer.
Et chaque fois, je recommande deux choses sur le thème :
- lire " Surveiller et punir" de Foucault
- faire connaitre l'association "le courrier de Bovet" qui cherche des correspondant anonymes pour entreprendre des correspondance épistolaires avec des prionniers souffrant de solitude.
Et pour finir en musique, pour nous donner du beaume au coeur,
quoi de mieux que l'excellent Bashung et sa chanson "mes prisons" :


Mes prisons
Sont des modèles
De sublimes inquiétudes

À mes moments perdus
J’me fais du souci pour le prince
J’me fais du souci pour le maton
J’me fais du souci pour le prince
J’me fais du souci pour le maton

Mes prisons
Sont des femelles
À tromper ma vigilance

Des fois c’est tendre
Des fois y a mutinerie

Rendez-vous sur la lande
À l'endroit où l’on s’est épris
Les gens sont des légendes
Mais leurs âmes prennent le maquis
Dans les herbes folles
Tu peux courir
C’est pas un jeu

Mes prisons
S’évanouissent
Lorsque ta peau m’appelle

À mes moments perdus
J’me fais du souci pour le prince
J’me fais du souci pour le maton
J’me fais du souci pour le prince

Mes prisons
Sont des ruelles
Des cris des rituels

Des fois je prie
Des fois j’me réfugie

Rendez-vous sur la lande
Et qu’enfin cesse l’hallali
Qu’on me presse une orange
De ma peine je ferai mon lit
Dans les herbes folles
Tu peux courir
Pour des aveux

Non-lieu
Non-lieu ...

Por Bertrand - Ver los 1 comentarios
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Domingo 31 agosto 2008
Loin d'être une ville d'eau, plate et fade,
Valparaiso est une ville qui a ses hauts et ses bas,
ses rues en pentes que dévalent des bus inconscients,
ses funiculaires pittoresques qui permettent de gravir sans peine les cerros,
ses maisons étrangement agrippées au moindre rocher en surplomb.
Ville d'acrobates ou tout le monde se décrête architecte,
Valparaiso exige de bonnes jambes pour la visiter.
et puis, de ces maisons luxueuses,
témoignage d'un passé doré à l'or fin
du temps où tous les bateaux marchands se devaient de s'arrêter ,
et faisaient le bonheur et la richesse de nombreux Anglais,
il reste les vestiges et les folies.
Car il fallait bien y monter,
chez soi.
"L'ai-je bien descendu ?"
Il fallait en avoir du souffle et du courage
pour aller rendre visite à la vieille tante milliardaire.

L'escalier à lui seul, vaut-il désormais
autant que la maison qui lui ouvre l'accès ?
Est-ce pour cela que les habitantes de Valparaiso
ont la réputation d'avoir de belles jambes bien galbées ?
Por Bertrand - Ver los 1 comentarios
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Miércoles 9 julio 2008
Valparaiso, port mythique du bout du monde,
sa baie enchanteresse,
son amphithéâtre naturel
ses colines recouvertes de maisons en couleurs...
Comme s'il suffisait d'avoir des maisons en couleur
pour avoir l'air d'être exotique ?


Ces horribles photographies furent prises durant mon dernier séjour à Paris.
Cet édifice ressemble davantage à une pâle falsification d'un rubik's cube,
qu'à un immeuble d'habitation.
Pur béton que l'on a essayé de camoufler derrière des plexis de couleur primaire,
l'architecture extérieur est à l'image de la culture collective actuelle :
une base insuffisante et super-pas-chère que l'on recouvre d'un semblant
d'iinovation exubérante.
Ca fonctionne 5 minutes.

Ca me rappelle tous ces programmes qui ont consisté à repeinde les facades des HLM, sans se soucier de l'intérieur, de la condition de vie des occupants,
ni même des injustices criantes de "riches" habitants continuant sans honte et sans vergogne de bénéficier d'un loyer modéré.

A Valparaiso, l'an passé, l'UNESCO ayant tapé du poing sur la table et ayant menacé la ville de ne pas respecter ses engagments, la municipalité fit repeindre illicop presto toutes les maison de certaines artères principales et touristiques.
Comme ces propriétaires qui repengnent vite fait leur appartement avant de le relouer pour cacher la vestusté, la saleté et l'humidité.

De la couleur, comme cela, messieurs dames,
j'vous en remets une couche ?
Por Bertrand - Ver los 2 comentarios
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Lunes 30 junio 2008
Bon, de temps en temps il est sage de dépoussiérer, d'épousseter.
J'entreprends donc quelques petits nettoyages de ce blog.
La grande majorité des "voyageurs" de ce blog ne se rendront compte de rien,
mais peu m'importe.
J'ai commencé par actualiser en colonne de gauche
les liens de mes favoris "A chacun son voyage".
Des nouveaux géniaux et de l'ancien "incontournable".
Et puis, en colonne de droite,
j'ai rajouté une nouvel album de photo
intitulé "Belle Valparaiso",
c'est une sélection personnelle de mes clichés préférés
de ce foutu port mythique.
Je vais poursuivre les petits changements cosmétiques de ce Blog,
mais je ne vous en dirai pas davantage.
Juste cette fois, histoire de vous prévenir.
Mais petit à petit, je vais changer des choses,
sur la forme et peut-être aussi sur le fond.
D'ailleurs, j'ai réactivé la version espagnole de ce Blog,
avec une nouvelle traduction (provisoire) d'un texte d'ici.
Faut dire que je m'occupe de trois Blogs à la fois,
si l'on compte celui de ma Productora Bahia Utopica.
C'est lundi, début de semaine,
c'est le 30 juin, fin de mois,
c'est aussi le milieu de l'année.
Mais le temps est toujours ailleurs dans la sphère bloguesque.
Bienvenue dans le voyage !
Por Bertrand - Ver los 1 comentarios
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Oublions 2012

J'aurais bien voulu être le clown, le joker, le troublion, le porteur d'idées, le chevalier errant à l'illustre figure de proue du bateau qui naviguerait à contre-courant du libéralisme rampant pour proposer un monde meilleur.
J'aurais voulu croire en des matins meilleurs en 2012.
Mais un an de Sarkozy, la crise qui va faire des ravages en 2009, Obama aux USA et la prochaine mort de Fidel Castro après 50 ans d'une révolution cubaine à moitié réussie... auront eu raison de mes utopies idéologiques, politiques et humanistes.
Je n'aurai pas davantage la force de croire accéder un jour à la mairie de Valparaiso*.
Vous pouvez toujours lire les ouvrages suivant :

-Les ambitions désavouées d'Alain Fleischer
-La peur en occident de Jean Delummeau
-Les veines ouvertes de l'Amérique latine de Eduardo Galeano
-La stratégie du choc de Naomie Klein
-Aimer, s'aimer, nous aimer de Bernard Stiegler
-Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas de Imre Kertész
-La lutte avec l'ange de J.P. Kauffmann
-La tache
de Philip Roth
Mais ne comptez plus sur moi pour vous mâcher le travail !
2012. c'est trop loin, trop haut, trop bête !
Bonne année 2009.

*.PS : à lire au dixième degré, of course !

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