Il y a quelques tours, un ami me parlait de Facebook.
Je ne comprenais pas tout
Et au fur et à mesure que je m’en rendais compte, je vieillissais et me sentais vieillir.
Cela me rappelait l’époque où, allant souvent au cinéma, je pouvais mesurer combien je vieillissais en remarquant qu’avec le temps, de moins en moins de publicités avant le film m’étaient réellement adressées.
Je sortais du cœur de cible, comme ils disent.
Mais bon, nous savons bien, même si nous nous mentons, d’une part que nous vieillissons tous, tous ensembles, et que le temps va à la même vitesse, seconde par seconde, que l’on soit Golden Boy à Wall street ou Gourou au fin fond du Tarn et Garonne.
D’autre part, nous savons que toute cette mode, cette modernité, cette course à la technologie qui alimente la course au consumérisme n’est pas en mesure de supprimer l’essentiel, même si certains intellectuels frileux le redoutent, même si certaines statistiques sont inquiétantes, même si on en a marre de passer pour un plouc ou un crétin sans téléphone portable, sans Internet ou sans GPS.
La télévision n’a pas tué le livre, le GPS n’a pas tué le bon vieux plan ni la carte Michelin.
L’informatique dans les bureaux n’a pas supprimé le papier. Au contraire !
Le mail ne tuera donc pas la carte postale.
D’autant que, il faut bien le reconnaître,
ça fait tellement plaisir de recevoir une carte postale.
Un petit geste, une attention, une pensée qui se matérialise et devient beau.
Une image, un peu de texte, qui va voyager on se sait trop comment, et arriver à destination…
J’ai déjà ici, je le reconnais, fait l’éloge de la carte postale, mais il se trouve qu’il est arrivé récemment une petite histoire qu’il me faut vous conter.
D’abord il faut rembobiner le film, revenir à l’époque où je hurlais contre les injustices sociales envers ces pauvres immigrés des centres Sonacotra du Val d’Oise venus en France souffrir sur les chaînes de montage des voituriers français et piégés par la politique d’immigration. Il fallait les voir, ces pauvres ères, seuls dans leur foyer, cassés par les années de travail, usés de solitude et de vie en communautés, rongés par le diabète, la malnutrition et l’ennui.
A l’occasion, j’avais rencontrés une personne formidablement active, volontaire, engagée.
Lorsque je décidais de me sauver de France, on se disait au revoir.
En voyage je lui envoyais une carte postale, comme clin d’œil de la vie et dire que tout va bien.
Et puis ce fut le silence.
Pas de réponse, pas de carte postale, pas de mail, plus rien.
De passage en France une première fois on s’était retrouvé pour raconter nos mésaventures respectives, chacun de son côté du monde gavé d’injustices sociales, mais sauvé par la littérature.
Mais lors de mon second passage plus rien.
Plus rien pendant presque trois ans.
Jusqu’au petit miracle.
Un mail arrive dans ma boîte.
C’est elle, revenue du passé.
Elle a repris un livre dans lequel elle retrouve une carte postale.
Celle envoyée par mes soins il y a trois ans et sur laquelle j’avais pris soin à l’époque, de noter mon adresse mail.
Une vieille adresse Hotmail, peu utilisée…
Elle décide de me recontacter… Grâce à ce petit bout de carton qu’elle avait alors glissé en guise de marque page dans un livre qu’elle a rouvert, comme ça…
Les cartes postales sont comme des petites graines que le vent emporte et qui germeront peut-être un jour, ici ou là-bas, selon le soleil, le vent, les oiseaux et le destin.
Il n’y a pas de hasard, juste le coup de pouce de celui qui veut que les choses bougent.
Ici-même, j’avais d’ailleurs proposé de renverser le cours des choses et avait alors demandé au lecteurs de mon blog (à l’époque où je caracolais en tête du TopRank d’Overblog) de m’envoyer une carte postale. Constatant que c’était toujours celui qui partait qui envoyait des cartes et que voyager ne supprimait pas l’envie et le plaisir de recevoir des cartes postales de ceux qui restent.
J’avais alors reçu de nombreuses cartes de partout : Londres, Saint Petersbourg, Paris, etc.
Le nom de Valparaiso fait rêver les Européens, mais les noms de Paris, Londres, Berlin font rêver les Latinos. Alors, pourquoi ne pas nous envoyer
une carte postale de votre ville, de votre patelin, de votre village ?
Comme la première fois que j’avais lancé l’idée, vous recevrez une carte postale de Valparaiso en retour
[mon adresse Bertrand Coustou - Galos 685 - Cerro Alegre - Valparaiso - Chili ].
rkolandia





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