Être un francais au Chili
pourrait s'apparenter à un éléphant dans un zoo,
on veut tous le voir et puis c'est tout.
Être marchand d'art au Chili,
c'est un peu comme être Lapon en Algérie,
ca donne des sueurs chaudes et froide,
mais c'est tellement beau.
Monter des expositions de
peintures ou de gravures
dans les lobby des hôtels de luxe de la capitale chilienne,
c'est un peu comme vouloir planter des fraisier en pleine jungle,
ca pousse vite et bien, les fruits sont délicieux,
mais quel travail de fou et quelle incongruité !
Fragment d'une peinture d'Alvaro Miranda
Faire acte de présence (on dira "permanence") dans ces mêmes lobby
pour surveiller l'exposition afin qu'elle ne s'échappe pas
et attendre l'acheteur (comme on attend à la pêche au gros),
c'est aussi comme attendre l'oran-outang dans la jungle,
c'est long, les sons au début sympathiques devennent lancinant,
les insectes et autres petites bestioles insupportables...
Etre ailleurs, loin,
faire quelque chose qui n'existait pas,
favoriser la différence et l'anticonformisme,
mais avec sérieux et professionnalisme,
c'est aussi vouloir défricher un hectare au milieu de la jungle...
Ils sont fous ces Gaulois !