C'était si cher à mon...
Et me revoilà en ce moment dans un autre hôtel,
mais cette fois, je ne vais pas vous faire un long discours.
Relisez l'autre...
Cette fois, mon point de vue sera purement esthétique.
Parce que ces endroits sont des exacerbations de l'abstractalité moderne, impersonnelle, inhibante, nihilante...
Comme l'illustration moderne de la contradiction flagrante des voyageurs d'aujourd'hui qui sont entre "vouloir se sentir comme chez soi" et être donc dans un endroit sans identité ou presque, et de préférence exotique mais pas trop (je parle bien sûr des clients qui passent, parce que moi, je me contente d'aller installer du beau, de l'inédit, de l'artistique là où il semble que ce n'est pas si facile).
Donc, juste une série de photo...




L'art a sa place partoutet surtout là où nous n'avons pas l'habitude de le voir.
(et en cliquant sur chacune des photos... un peu de poésie !)
L'art de la critique, ce serait la critique élevée au rang d'art.
La critique est aisée, l'art est difficile.
La critique ne devrait-elle pas seulement être positive et constructive ?
L'artiste, par la réalisation et l'exposition de sa création artistique, nous livre un message, sa propre vision du monde.
On peut aimer, ne pas aimer, détester ou être indifférent.
Mais la tolérance et l'esprit critique vont de pair lorsqu'il s'agira de donner son opinion, son avis, sa critique et ce, d'autant plus que l'on aura la chance de disposer d'un espace d'expression dans un media public.
Hélas, depuis que certaines personnes se sont élevées au rang de critiques d'art (étions-nous déjà au XIXe siècle ?) et en ont fait leur gagne-pain, il faut bien reconnaître que les luttes, guéguerres et dérapages divers ont émaillé l'histoire de la peinture, de la sculpture, de la gravure.
Ainsi, pas plus tard que la semaine dernière, un triste sire a pris un malin plaisir pervers à détruire, voire assassiner, un artiste que j'expose actuellement. Son papier (torchon) n'est en rien une critique d'art, c'est une simple éjuculation de bile vénéneuse contre le peintre, mais sans doute aussi contre les responsables de l'exposition, les responsables du lieu d'exposition, les nombreux amateurs qui ont aimé cette expo et les acheteurs qui en ont acquis quelques éléments.
"la noche", Gonzalo Etcheto, óleo sobre
telaJe passe sur le racisme latent de l'article écrit par un soi-disant critique chilien -qui conseille au peintre argentin de retourner dans son pays pour prendre des cours de peinture- pour m'attarder sur un point de ce "torchon", à savoir que l'auteur se présente comme le défenseur du respect que les artistes devraient observer vis-à-vis de la ville de Valparaiso.
Il n'est pas grand le pas à franchir pour parvenir à une distribution d'autorisations de peindre Valparaiso... "et s'il vous plaît, pas n'importe comment"... Il faudrait respecter le classicisme, l'orthodoxisme, les jolies maisons en couleur, la ligne claire architecturale, j'en passe et des meilleures...
De qui se moque-t-on ?
Peinture murale enfantine de
Valparaiso, 2008Valparaiso est à tout le monde et il est justement des plus pertinents et intéressants que de voir des artistes la représenter sous des formes différentes, alternatives, osées, ambivalentes, suggestives, etc.
Il semble que les dix-sept ans de dictature aient laissé des traces profondes dans l'accadémisme aveugle et obtus de certains opinologues qui se croient critiques d'art parce qu'ils écrivent dans un journal dans la rubrique éponime.
Le peintre ainsi imbécilement visé, heureusement, a recu immédiatement de nombreux témoignages de sympathie et des encouragements.
Et l'exposition a vu débarquer des visiteurs venus voir cette "fameuse" exposition qui suscita tant de haine de la part d'un gribouilleur d'opinion.
Sin titulo, Sergio
AyalaEn d'autres temps, sur un autre continent, il y a aurait peut-être eu duel à l'aube pour laver l'affront.
Mais nous sommes à Valparaiso, une ville que certains décrivent comme la couveuse des artistes qui s'émancipent ensuite en allant à Santiago.
Un ville qui connaît actuellement un regain pour l'art, mais un regain qui est davantage le fait de personnes qui pensent trouver dans le marché de l'art une source de revenus faciles et substanciels davantage qu'un état d'esprit ou un quelqconque intéret pour les artistes ou leurs idées.
Il ne faut pas négliger le fait qu'ici, l'art ne fait pas de politique ou plus exactement que ceux qui sont les maîtres de la culture artistique ne souhaitent pas faire de politique... les années Allende et la dictature sont encore présentes dans les esprits et expliquent aussi le succès d'un art décoratifs ou abstraits, vide de tout message, sin contenido.
Mais ne généralisons pas, il reste des amoureux, des ambitieux, des courageux, des politiquement incorrects, des artistes maudits, des révolutionnaires, des fous, des talentueux, des génies...
L'art en géneral et le talent en particulier a encore de beaux jours devant lui, à Valparaiso comme partout dans le monde.
"Puerto Valparaiso", Edgar del Canto, óleo sobre
telaReste quelques tristes sires... faisons avec... et ignorons-les !
C'est une histoire courte.
Mais c'est une histoire qui s'étire sur vingt-six années.
Ayant poussé comme le maïs en France,
la tête au soleil et les pieds dans l'eau,
dans le département des Landes,
il n'est peut-être pas si hasardeux que cela que je me retrouve sur le continent originaire du maïs.
D'autant que le sud-ouest de la France est très influencé par la culture espagnole. Et le Chili aussi.
(Entre parenthèse, l'Espagne est revenue en force dans son ancienne colonie chilienne depuis une dizaine d'années en possédant banques et télécommunication et étant la colonie d'expatriés la plus importante...).
Je me souviens de mes années de collèges et des noms étranges et étrangers dont on se moquait... les Dos Santos, Fernandez, Morafabas, Tan Binh Din et autre Rabrindanadana...
Et puis il y avait ces drôles de noms à éternuer qui pourtant ne sonnaient pas étranger, les Etcheverri, Etchegoyen ou Etcheto...
Et justement, j'ai eu un temps dans ma classe une certaine
Marie-Pierre Etcheto...
Fin du premier épisode.
Ici au Chili, comme dans presque tous les pays d'Amerique latine, les Basques sont venus nombreux s'installer avec plus ou moins de chance et de bonheur... J'ai même un petit rameau de ma famille maternelle qui a fait un aller retour entre le XIXe et le XXe siècle, les Fagalde.
Ancien bâtiment
parapseudofamilial à la bretonne, Valparaiso 2007Et puis, me voilà embringué dans l'art, je monte de expos, je joue les marchands d'art à Valparaiso et, me promenant sur le Paseo Gervasoni, je vois un jeune peintre qui présente quelques toiles vraiment fascinantes...
Quatre mois plus tard, je lui monte une exposition.
Desde adentro, Gonzalo Etcheto, oleo sobre papel, 110x80cm.Ce peintre s'appelle Gonzalo Etcheto.
Etcheto, comme Marie-Pierre...
Elle était landaise, grande mince et blonde aux yeux bleus,
il est argentin, mince brun aux yeux bleus.
Ils sont ou furent ou seront basques.
Ils ne se rencontreront jamais,
je suis un petit trait d'union éphémère entre eux deux.
Moi, le Gascon, trait d'union entre deux Basques.
Celui qui crée ou celui qui se croit ?
Changer de pays, de continent, de langue ou de culture modifie-t-il les critères de définition de l'artiste ?
Je lance des questions en l'air, l'air de rien, sans en avoir l'air...
Parce que mes activités actuelles m'ont plongé dans le fameux (et fumeux?) monde artistique, je suis bien obligé d'opiner... (de opinar : donner son avis sur...).
Les écoles, les courants, les idéologies, les techniques, les influences... tout à Valparaiso est forcément différent, mais dans un même temps forcément identique à l'art en général et à l'art en particulier...
Dialogue
statufié, Parque de las esculturas de Santiago de Chili, octobre 2007Je n'ai pas envie de relire Duhamel, Debray ou Bourdieu.
Et je prends un plaisir infini à lire (enfin!) "Tristes tropiques" de Claude Levi-Strauss. Et loin de regretter de ne pas l'avoir lu avant, je me rends compte que de le lire presque trois ans après avoir foutu le camps me permet de l'apprécier avec un regard non-vierge, une expérience intéressante et un autre regard personnel. Si le récit a été publié en 1955, il est incroyablement d'actualité. Je vous en saupoudrerai quelques perles nacrées dans les prochains textes... un peu de patience !
Cependant, mes interrogations sur l'art flirtent avec mes questionnements en visitant, lors de mon dernier passage à Paris, le musée du quai Branly... art, artisanats ? approche ethnologique, anthropologique, artistique ?
Et la lecture de "Tristes Tropiques" est "forcément" indipensable.
Détails de Cactus, Parque de las esculturas de Santiago de Chili, octobre
2007Je pense même traduire ces interrogations en un nouveau quizz qui proposerait une série de clichés où il faudrait dire si c'est de l'art ou non... Où est l'art et cmment se reconnait-il ?
En attendant, l'art me fascine, l'aptitude à la création, à l'invention, à la reproduction, à l'utilisation d'un media de communication artistique pour transmettre ses idées et sa vision du monde sont autant d'attitudes que j'admire.
Mais, il me manque souvent un contenu politique,
car pour moi il n'y a pas d'art sans politique.
Mes racines francaises et gasconnes, ma sensibilité politique et mon tempérament ratiocineur d'apprenti politologue me font préférer un art dont le contenu (el contenido) sera au dessus des simples aspects techniques.
On ne
présente plus Ben ! Même à Paris en 2007.D'autant que l'art décoratif a inondé le marché de l'art.
Plus coloré, plus simple, plus facile et moins cher, il convient parfaitement à l'évolution culturelle mondiale du consumérisme qui veut que tout ne soit qu'harmonie dans sa maison, la peinture au dessus de la cheminée devant avoir les couleurs du canapé.
Et si l'on change de sofa, il faudrait changer le Picasso ?
Des gens achètent et croient faire un investissement sans e renre compte qu'à peine accroché au mur, leur achat ne vaut plus rien et irait encombrer les marché aux puces de bas étages.
Mur d'une boutique de Paris, septembre 2007.Mais il sera toujours plus beau le monde rempli de marchands de tableaux à la place des marchands de canons.
Une dernière question avant de fermer le ban,
l'art est-elle une utopie ?
Plonger dans l'art d'un autre pays que le sien est une démarche qui demande ouverture d'esprit et esprit d'aventure.
Mais c'est surtout le premier pas qui coûte.
Ensuite, qu'est-ce que l'art ?
Métro de Hambourg,
septembre 2007
Une photo appartient-elle au monde artistique ?
A partir de quoi définira-t-on l'image comme de l'art ?
Le monde de l'art est coupé en trois :
- les artistes, créateurs, porteir de talent et révélateurs du monde
- les amateurs qui rencontrent l'art et l'aiment
- les marchands qui, entre les deux premiers groupes, tentent de jouer les intermédiaires avec plus ou moins de cupidité, d'honnèteté et de respect pour les uns comme pour les autres.
Voilà, l'art, même à Valparaiso,
c'est bête comme chou !
Place de la Rathaus
(mairie), Hambourg, septembre 2007







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