Parce que la France a été grande, parce qu’elle fut impériale (jusqu’à l’horreur) et coloniale (jusqu’à la honte).
Parce que la cuisine française, la mode française, la technologie française, les femmes françaises s’exportent, sont enviées, suscite le désir et le compliment.
Parce que malgré sa petite taille, la France est un puissance économique et politique incontestable.
Parce que les Français aiment le voyage, la culture, les paysages et l’aventure.
Lorsqu’on voyage, partout dans le monde, rencontrer un Français à Buenos Aires, Tombouctou, dans le parc de Yellow Stone ou au fond d’une ravine en Tanzanie entre les crapauds buffles et les margouillats, n’a rien d’étonnant.
On comprend alors pourquoi il y a des traces de France partout, dans les noms des boutiques, dans les marques de cosmétiques, dans les modèles automobiles, dans le métro de Santiago…
C’est le « style à a française », « the french touch », le « c’est la vie », etc.
Je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises.
Même au Chili, la rance a bonne presse et aller y faire un tour est un peu comme un rêve pour nombreux jeunes étudiants de Santiago ou Valparaiso.
Clic ?
Mais l’on a jamais une aussi bonne et juste image de ce que la France représente dans le monde que lorsque, justement, on en sort, de cette foutue France.
Prendre un peu de recul, écouter les autres en parler, regarder la réaction des gens lorsque vous leur dites que vous êtes français, lire les pages « France » du Courrier International, voilà le meilleur moyen de porter un regard juste sur l’hexagone.
Alors, l’identité nationale, le ministère de l’immigration et tous ces termes qui fleurent bon les années 30, le poujadisme, la Cagoule, l’intolérance, ce sont des choses qui ne peuvent séduire en premier lieu que ceux qui ne sont pas sortis du pays.
Attention, je ne blâme pas les sédentaires, la plupart n’ont pas les moyens de voyager, d’autres n’en éprouvent pas le besoin ou l’envie.
Je critique juste ceux qui usent et abusent d’une terminologie malodorante au seul but électoraliste.
Et Tandis que le Chanel numéro 5 s’arrache dans le monde, la campagne électorale en France dégage des effluves d’égouts.
Tandis que le TGV bat un nouveau record du monde de vitesse sur rail, on montre une idéologie et une frilosité archaïque.
Tandis que Laure Manaudou brille pour la natation française, la Gauche semble se noyer dans un verre d’eau.
Avec tout cela, et depuis mon périscope chilien, je vois un pays en danger.
J’ai peut-être tort, je me fourvoie peut-être.
Concentré que je suis à développer des projets culturels dans un pays qui n’est pas le mien, je ne veux pas en oublier le mien.
Mais voir Simone Veil soutenir Sarkozy, voir les Bobos soutenir Bayrou, voir les sondages actuels… j’ai l’impression d’être parti il y a longtemps.
La première fois c’était il y a deux ans…
Il y a deux ans, j’atterrissais à Santiago, sans but, sans idée, sans espagnol ou presque, sans peur et avec beaucoup de reproches.
Il y a deux ans, vingt quatre mois, 730 jours, 17520 heures, plus d’un million de secondes…
Tic, tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac…
A SUIVRE…







déterminé ou tranporté par le hasard,