Mais à plusieurs reprises, du moins suffisamment de fois pour que cela m’interpelle quelque part au niveau de mon cerveau perturbé par le changement de langue, de continent et d’hémisphère), deux argument reviennent dans leur bouche pour justifier le terrible statu quo dont je parlais hier.
Le premier argument avancé est la peur de s’engager personnellement dans l’action (politique, sociale ou syndicale), la peur de perdre son emploi quand on a des bouches à nourrir. Les mères et pères de familles et les adultes ayant à charge des parents ou grands-parents sont dans cet état d’esprit. Vive les échos de la dictature, vive l’ultralibéralisme qui réduit les syndicats à peau de chagrin et confie à un insupportable individualisme plus subi que désiré. Bien sûr c’est un argument qui me touche, parce que je suis français, sans bouche à nourrir et avec un discours que l’on qualifie alors d’idéaliste, parce que j’appelle à l’action, au refus, à la prise de conscience. Mais je vois que dans mon propre pays, cette passivité de la peur gagne du terrain, parce que le libéralisme individualise et asservie. Le modèle de la société actuelle pousse les gens à travailler, fonder une famille et s’endetter à vie pour s’acheter une maison. Avec un tel schéma, toute la population demeure passive, parce qu’elle ne peut prendre aucun risque social ou idéologique au risque de se retrouver exclu et miséreux.
Clic ?Ce que les personnes ne comprennent pas ici au Chili, c’est que les partis de droite, ceux qui détiennent le pouvoir économique, ne souhaitent en rien changer les choses, puisqu’ils ont besoin d’une population tranquille pour continuer à s’enrichir de substantiels profits sur le dos d’une population qui ne peut que subir et qui se souvient avec douleur que la dernière et unique fois qu’elle s’est réveille et a commencé à réagir, elle l’a payé par dix-sept ans d’une dictature.
Ce modèle de société inerte et sans réaction ne doit en aucun cas devenir réalité en France, il faut cesser les crédits de 25 ou 30 ans, il faut réfléchir à proposer un autre modèle de société qui ne soit pas basée sur le profit ou le consumérisme et arrêter de dire que la consommation tire la société vers le haut. D’ailleurs, voici un extrait trouvé chez Olivier : « … il y a ceux qui de manière peut-être moins spectaculaire, moins visible, plus discrète, se battent aussi contre le système en inventant ou réinventant des modes de vie alternatifs. Ceux-là, en règle générale, remettent en cause le dogme du productivisme, ne pratiquent pas la religion de la croissance, contestent le règne de la marchandise. Ce sont des hérétiques, au sens où ils refusent de célébrer le culte de la consommation, de se prosterner devant les temples de la marchandise. Même si aucun de ces groupes ou communautés n’a trouvé de solution généralisable à l’ensemble de la société, ils inventent à leur échelle d’autres manières de vivre que celle imposée par le salariat, la plupart du temps à la campagne où il est plus facile de vivre de manière autonome avec peu d’argent."
Je me reconnais dans ce texte, je me sens moins seul, mais je regrette que la société pousse aussi ces gens vers un (inévitable ?) individualisme quand nous serions plus forts tous ensembles… Mais je rage encore contre ces putains de partis soit-disant antilibéraux qui n’ont pas su se mettre d’accord pour présenter un candidat commun à l'élection présidentielle et être mieux entendus et écoutés.
Les ambitions personnelles, les querelles de chapelles et, finalement, n'ayons pas peur de le dire, l'indifférence face aux espérances de la population ont encore gagné. Le message est on-ne-peut-plus clair
Clic ?Et, quelque part, la peur, encore une fois, a freiné les grandes ambitions
et tué des espérances.
L’autre argument que l'ont me rétorque également pour expliquer la situation chilienne… [à suivre... demain]







déterminé ou tranporté par le hasard,