Il y a ceux qui acceptent que je voyage et ceux qui accepteront
que je change.
Enfin, je ne change pas, je deviens ou redeviens ce que je suis,
ce que je crois être, ce que je dois être.
Pour cela, je mets à mal le contrat social, les liaisons sociales,
les repères habituels, les conventions, les habitudes, les us et coutumes.
Ca ne plaît pas à tout le monde, mais on ne vit pas pour plaire aux autres.
Je déménage quand « il faudrait » que je m’installe,
je stagne quand « il me faudrait » bouger.
Je me tais quand il faudrait parler.
Je parle trop au milieu d'un silence bienfaiteur.
Je travaille dans le commerce que j’abhorre.
Je me fais tour à tour, banque de micro crédit, psy à la sauvette,
guide touristique, agence immobilière, expert en photographie,
consultant en rien, poète de rue, déménageur de livres,
révolutionnaire culturel, aide médical, couturière…
J’écris tout et n’importe quoi. Ici et ailleurs.
Mais dire qu’autre chose est possible dans notre société actuelle est devenu quasi révolutionnaire, comme si nos sociétés qui formatent, harmonisent, arasent, homogénéisent et mondialisent, n’acceptaient pas dans leur propre fonctionnement une quelconque alternative.
On a tué toutes les utopies, mais plus grave encore, on a fait en sorte
qu’il ne s’en créée aucune autre.
La pensée est cadenassée par le système économique, la société marchande, la lutte antiterrorisme, l’arrogant opportunisme ambitieux de certains hommes politiques et l’extrême technologisation de la vie de tous les jours qui nous rend esclaves des téléphones portables, d’Internet et des ordinateurs.
Seguridad ante todo ?
Où sont passés les utopistes, les penseurs aux idées d’après-demain,
les philosophes en avance sur leur temps, les génies du futur proche ?
La différence aujourd’hui marginalise, différencie, inquiète et fait peur.
L’alternative fait peur.
L’autre fait peur.
L’autre, le différent, le critique… on les arrête, les soupçonne, les isole,
les exile de différentes manières : de la prison à l’indifférence, du jugement à la rumeur, de la suspicion à la répression.
Il faut rentrer dans le rang, obéir, copier les autres, faire comme son voisin.
»Il faut… y’a qu’à… faut qu’on… » Belle trilogie.
Solo perros ?
Il est passé où ce fameux vingtème-et-unième siècle spirituel ?
Faudra-t-il faire une révolution pour donner raison à Malraux ?
Ou bien, en effet, d’ores et déjà, ce vingt-et-unième siècle n’est déjà plu ?
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par Bertrand
publié dans :
Idées et prises de tête
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