Bienvenue sur ce blog inclassable d'un type qui "voyage" depuis trois ans
entre
Valparaiso et la Sarkolandia
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Devenu fainéant avec l'âge, régulièrement, ici, un nouveau texte... mais pas forcément tous les jours...
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Vendredi 13 octobre 2006

Chère Santiago,
Puisque je veins te rendre visite pour deux jours, je t'écris ces quelques mots.

Santiago, je te hais.
Tu n’as rien en comment avec sa soeur de Compostelle ou ta cousine de Cuba.
Tu es une ville prétentieuse, sale, polluée et polluante, nocive pour les poumons, le cœur et l’âme.
Tu te crois capitale d'un pays riche et puissant, mais tu es pauvre déglinguée, pleine de trous et de nids-de-poule.
Tu t’es voulue capitale, mais tu n’auras jamais l’allure que peut avoir en son époque de gloire la mythique Valparaiso.
Tu n’es pas un port, mais une agglomération tentaculaire qui n’a cessé de s’étaler jusqu'à buter contre les montagnes alentours.
Cuvette naturelle devenu cuvette de chiottes du phénomène grégaire, industriel et économique humain, on a envie de te tirer la chasse pour faire un grand vide.
En capitale qui avale le tiers de la population de ton pays alors hydrocéphale, je t’abhorre.
En capitale qui n’en finit pas de phagocyter le pays entier, son argent,
son activité économique et politique, sa population, son énergie, ses artistes,
sa culture, je te déteste.
Et encore, cela ne te suffit pas, les rares choses que tu n’as pas,
tu les convoites, insatiable.
Que ferais-tu du Parlement si bien installé à Valparaiso, par exemple.
Et le développement actuel du pays continue de te faire grossir, continue de t’enlaidir, à coup de constructions aussi archaïques et chaotiques qu’hideuses. Des tours, toujours plus de tours, toujours plus haut, parfaitement amnésique de la sismicité du pays, tu croies t’élever avec tes buldings, mais tu t’enfonces dans la médiocrité des villes esclaves de la mondialisation, de l'apparence et du tout marketing.        (Clic ?)

Tu ne réfléchis à rien, ni a inventer autre chose qu’un tout automobile que tu découvres quand c’est déjà l’automne de l’automobile partout ailleurs dans les pays que tu voudraient copier.
Et après la finition de ton superbe périphérique qui coûte les yeux de la têtes des Chiliens croulant sous les crédits à la consommation, on voit fleurir tout autour de toi ces nouveaux temples de la consommation que sont des MALL hideux et insolents, voire pervers et dégradants pour ta population qui travaillent trop pour pas assez. Ces MALL où le client se retrouve prisonnier pourvu qu’il reste le plus longtemps possible à acheter acheter et acheter.
Tu es toi-même, Santiago, en train de te transformer en MALL géant et bruyant, ne manque plus dans tes rues que la musique lancinante, grinçante et promotionnelle.         (clic?)

Et ton attitude, ce que tu es ou ce que tu représentes, déteint sur tes habitants qui oublient d’être polis quand ils se promènent dans les boutiques de Valparaiso, qui sont envahissants sans vergogne les week-end et qui oublient que Valparaiso n’est ni un MALL, ni une ville du paraître ou de l’avoir, mais un vieux port qui tente de ne pas mourir et accepte de les recevoir humblement, avec sincérité, comme une grand-mère malade.
N’oublie pas, Santiago, que Valparaiso a été la Reine du pays bien avant toi et bien plus belle que toi et que l’histoire retiendra sans doute toujours plus la Perle du Pacifique que Saint Jacques du Chili !

 

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