Jeudi 26 juin 2008
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19:40
Aujourd'hui, Salvador Allende aurait eu 100 ans.
Et si on ne l'avait pas suicidé dans son palais présidentiel,
il serait sans doute mort quand même aujourd'hui.
Du reste, il doit se retourner en permanence dans sa tombe
de voir tant d'abus, d'imbécilité, de bêtises, d'injustice
de la part de la classe politique chilienne depuis la fin de la dictature.
Et s'il ne pleure pas de dépit, alors rit-il devant le spectacle affligeant
d'une Concertacion au pouvoir empêtrée dans une Constitution construite par Pinochet, incapable de faire autre chose que de gérer les affaires courantes, en n'abordant jamais les sujets
qui fâchent en interne, pas plus que ceux qui risqueraient de fâcher ceux qui n'ont pas directement en main les manettes du pouvoir politique, mais celles bien plus intéressantes du pouvoir
économique; dans un pays où les inégalités sont criantes, et les politiques antisociales.
Alors, les mouvements étudiants se suivent et se ressemblent,
les salariés, eux, subissent une douce exploitation en silence,
les forces arméées continuent de récolter 10 % du c hiffre d'affaire du cuivre,
l'idée de nationaliser l'éducation reste une idée en l'air,
les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus nombreux,
61% des Chiliens ont plusieurs crédit sur le dos,
les compagnies de télécommunication se font des couilles en or,
les organimes de crédits et les banques aussi.
et il ne semble y avoir personne
de la carure d'un Allende pour dire haut et fort "ca suffit !".
Un ami artiste francais, Loro Coiron, me disait "Pour qu'il y ait des changements ou une révolution, il faut qu'une génération entière
accepte de se sacrifier".
Un autre ami artiste, Chilien parti vivre 22 ans en Colombie, me disait aussi " Le Chili est un pays qui n'existe pas."
Les statistiques des revenus des Chiliens montrent que les 10% gagnant les revenus les plus élevés gagnent autant ques les 90% restant.
Un autre ami Chilien me dit un jour : " Les Chili est un pays d'esclavagistes".
Aujourd'hui, Salvador Allende aurait eu 100 ans.
Les commémorations sont rares et surtout bien encadrées.
L'accident d'hélicpotère qui coûta la vie au général en chef des carabineros del Chili a occupé beaucoup plus d'espace médiatique que cet anniversaire.
Que reste-t-il d'Allende aujourd'hui au Chili,
à part quelques graffitis et un nom qu'à peine quelques rues occupent ?
Rien.
Il semble ne rien rester.
Ou sinon, ce qu'il reste est faux, transformé par 17 ans de lavages de cerveau et de nettoyage de bibliothèque ou d'archive.
Et ce n'est pas un anniversaire, dans un monde qui souffre aujourd'hui d'anniversairite aiguë qui va changer les choses.
Car en
dehors de dire qu'Allende aurait eu 100 ans, il ne se dit rien de politique ou d'idéologique
Par Bertrand
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Publié dans : Chili con carnet
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