Disposant d'un peu de temps tranquille, je décidai d'écrire un mail à un ami artiste
parti du Chili, il y a environ trois mois, pour aller s'installer vivre avec sa famille en Italie.
Je commence à écrire le mail, lui contant les événements de sa Valparaiso natale,
ainsi que les aventures de ma Productora del Arte, la Bahia Utopica.
Tranquillement installé dans une salle d'exposition où j'ai monté une expo,
opérant une permanence pour recevoir les visiteurs,
j'entends entrer quelqu'un,
je lève la tête,
et je vois entrer la personne à qui je suis en train d'écrire un mail,
et qui est supposée se trouver à quelques 10 000 kilomètres d'ici.
Une drôle de sensation, mêlée au plaisir de la bonne surprise.
A l'instar de ce foutu Chili qui n'arrête pas de me surprendre,
de m'intriguer, de laisser perplexe aussi parfois.
Comme un pays, non pas d'un autre continent,
mais d'une autre planète.

Tout comme cette photo qui est devenue trafiquée comme cela, sans que je cherche à le faire.
Cette drôle de photo que j'avais prise il y a plus d'un an et qui me semblait prise dans une autre ville d'un autre pays, d'un autre continent d'une autre époque.
Sans que je voyage physiquement et géographiquement,
je vis parfois quelques "dépaïsements"...
Le voyage a changé de dimension.
Et si on ne l'avait pas suicidé dans son palais présidentiel,
il serait sans doute mort quand même aujourd'hui.
Du reste, il doit se retourner en permanence dans sa tombe
de voir tant d'abus, d'imbécilité, de bêtises, d'injustice
de la part de la classe politique chilienne depuis la fin de la dictature.
Et s'il ne pleure pas de dépit, alors rit-il devant le spectacle affligeant
d'une Concertacion au pouvoir empêtrée dans une Constitution construite par Pinochet, incapable de faire autre chose que de gérer les affaires courantes, en n'abordant jamais les sujets qui fâchent en interne, pas plus que ceux qui risqueraient de fâcher ceux qui n'ont pas directement en main les manettes du pouvoir politique, mais celles bien plus intéressantes du pouvoir économique; dans un pays où les inégalités sont criantes, et les politiques antisociales.
Alors, les mouvements étudiants se suivent et se ressemblent,
les salariés, eux, subissent une douce exploitation en silence,
les forces arméées continuent de récolter 10 % du c hiffre d'affaire du cuivre,
l'idée de nationaliser l'éducation reste une idée en l'air,
les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus nombreux,
61% des Chiliens ont plusieurs crédit sur le dos,
les compagnies de télécommunication se font des couilles en or,
les organimes de crédits et les banques aussi.
et il ne semble y avoir personne
de la carure d'un Allende pour dire haut et fort "ca suffit !".

Un ami artiste francais, Loro Coiron, me disait "Pour qu'il y ait des changements ou une révolution, il faut qu'une génération entière accepte de se sacrifier".
Un autre ami artiste, Chilien parti vivre 22 ans en Colombie, me disait aussi " Le Chili est un pays qui n'existe pas."
Les statistiques des revenus des Chiliens montrent que les 10% gagnant les revenus les plus élevés gagnent autant ques les 90% restant.
Un autre ami Chilien me dit un jour : " Les Chili est un pays d'esclavagistes".
Aujourd'hui, Salvador Allende aurait eu 100 ans.
Les commémorations sont rares et surtout bien encadrées.
L'accident d'hélicpotère qui coûta la vie au général en chef des carabineros del Chili a occupé beaucoup plus d'espace médiatique que cet anniversaire.
Que reste-t-il d'Allende aujourd'hui au Chili,
à part quelques graffitis et un nom qu'à peine quelques rues occupent ?
Rien.
Il semble ne rien rester.
Ou sinon, ce qu'il reste est faux, transformé par 17 ans de lavages de cerveau et de nettoyage de bibliothèque ou d'archive.
Et ce n'est pas un anniversaire, dans un monde qui souffre aujourd'hui d'anniversairite aiguë qui va changer les choses.
Car en dehors de dire qu'Allende aurait eu 100 ans, il ne se dit rien de politique ou d'idéologique
Comment apparaîtra l'Europe si la finale de la compétition actuelle de footbal oppose la Russie à la Turquie ?
Comment apparaîtront les Etats-Unis si Barak Obama est élu comme premier président noir ?
Comment apparaîtra la ville de Valparaiso si l'on continue de construire des tours et de hauts édifices tout autour de la baie?
Qui prendra l'avion si le pétrole continue d'être de plus en plus cher ?
Comment apparaîtra la France dans qautre ans, après la présidence du mari de Carla B. ?
Autant de questions pièges auxquelles je me refuse de répondre.
La perplexité m'habite encore (sans contrepet).
Comme une poule qui a trouvé un couteau.
Comme un lecteur de Libé devant son journal favori
contenant 7 pages dédiées à Carla Bruni.
Comme un touriste égaré à Valparaiso durant l'hiver gris, froid, pluvieux,
un dimanche soir, quand tout est fermé.
Comme un supporter de football devant l'attitude d'un sélectionneur
aux choix incompréhensibles qui font perdre son équipe.
Comme un chômeur qui voit ses allocations revalorisées moins que l'inflation.
Comme un malade chronique qui lit que le Directeur Général de la Sécu
envisage de moins rembourser son traitement.
Comme un pacifiste qui lit que le Présient syrien est invité
pour le défilé du 14 juillet.
Comme un architecte qui voit s'ériger dans un pays sismique comme le Chili
des tours de 25 étages.
La perplexité a de terrible qu'elle inhibe toute réaction,de colère, de révolte ou de rire.
Automne
Brume matinale
Cargo lointain
Drôle de ville
Etrangers nostalgiques
Francais chauvins
Gamins braillards
Honteux européens
Infidèles Chiliens
Jeunes voyous
Kilomètre zéro
Liquidation totale
Mer calme
Nuit froide
Opossum nucléraire
Port mythique
Querelle formelle
Regard changeant
Sourire inné
Territoires inconnus
Usurpateur charmant
Voluptueuses volutes
Wagon vide
Xénophobe patriotes
Yourte incongrue
-stop-
Zestes de vie









déterminé ou tranporté par le hasard,