Alors voilà, je n'avais pas de texte à publier
ces jours-ci,
mais voilà que le Président de la République francaise
est apparu une nouvelle fois à la télévision nationale
pour répondre à des "journalistes" (qui ont failli faire leur travail de journaliste)...
Je n'ai pas vu et à peine écouté cette interview et ca m'a suffit.
Et ma suffisance fut confirmée par les premiers articles parus sur Internet.
Et puis, ces jours-ci sur le Chili, ca chauffe dans tous les sens
pour le gouvernement : remise en cause de la pilule du lendemain et des autres moyens de contraception, dollar trop bas, la Ministre de l'Education destituée par le Parlement, manifestations des
étudiants...
Et puis, je suis à la fois en train de relire l'épopée du Che (par Kalfon) et d'organiser de petits débats à la maison entre Chiliens pour comprendre les fonctionnements politiques et sociaux du
Chili...
Et puis, je me suis souvenu que j'avais rédigé un texte
que j'avais intitulé "Au pays de Candy".
Le voici...
Mais attention aux âmes sensibles...
"Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy a muselé les médias, soit en placant des amis aux bons postes, soit en étant ami avec certains patrons qui le lui rendent bien.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy s’attaque aux plus faibles et à ceux qui lui tiennent tête : sans-papier, malades, étrangers, immigrés, chômeurs, rmistes, intermitents du spectacles, bloggeurs ou grandes-gueules.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy s’attaque désormais à la culture et donc, aux intellectuels (que de gauche ?)
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy joue la corde sensible de la peur, de la sécurité pour faire passer ses lois discrimatrices, xénophobes, répressives et pour créer un état de surveillance généralisée.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy s’attaque
à l’Etranger,
à l’autre, à celui qui n’est pas de chez nous, avec charter, quotas et rafles, sous les bon office du Ministre Hortefeux et avec le consentement passif d'une population partiellement indifférente
ou incrédule.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy revoit les lois et la Constitution à son avantage : augmentation de salaire, service minimum, traité européen simplifié, modifications constitutionnelles, etc.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy applique
une politique répressive et coercitive qui remplit les prisons au lieu de les vider (voir les statistiques pénitencières et les actions médiatiques de police pour s'en convaincre), favorisant la
coercition à la prévention
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy envoie les policiers en face des manisfestations de lycéens, d'étudiants ou de syndicalistes.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy nous
explique la vie, ce que nous devons penser et faire et se présente comme le sauver de tous et la solution à tous les problèmes : otages en Libye, nucléaire en Iran, constitution de l’Union
européenne, Ingrid Bettancourt, pouvoir d'achat, Arche de Zoé...
Acceptant de reconnaître ses erreurs (mea culpa) mais sans jamais remettre en cause ses idées ou sa feuille de route.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy
rend visite ou reçoit en premier ses amis : Afrique du sud, Khadafi, Poutine...
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy fait ce qu'il veut comme il veut : avion privé, yacht, divorce mariage, interview tronqué ou réécrit, intervention télévisé, procès, "casse toi
pauv'con", et autre discours fleuri...
Comme dans toute dictature, Sarkozy ne prend pas en considérations les résultats électoraux, ou sinon pour son propre compte.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy favorise en premier lieu non pas ceux qui l'ont élu mais ses amis, ses proches et ceux de son clans : les riches patrons, les hommes politiques de
droites, les faux-culs de gauche, ceux qui s'en mettent plein les poches sur le dos de ceux qui triment plus pour gagner toujours aussi peu.
Comme dans toute bonne dictature, Sarkozy est celui qui a raison, qui nous rappelle sans cesse qu'il écoute, qu'il entend, qu'il tient compte de..., qu'il sait, qu'il a confiance, qu'il promet,
qu'il faut savoir faire des efforts, etc...
Et pourtant, Sarkozy est président de la République francaise
au moins jusqu'en mai 2012...
Il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France, puisqu'il a été élu.
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France, puisqu'il a été élu.
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France, puisqu'il a été élu.
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France, puisqu'il a été élu.
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France, puisqu'il a été élu.
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France, puisqu'il a été élu.
il n'y a pas de dictature en France,
il n'y a pas de dictature en France.
Nous pouvons donc dormir tranquille.
Il ne se passera rien de grave.
Rien.
Vraiment rien.
Au pays de Candy
Comme dans tous les pays
On s'amuse on pleure on rit
Il y a des méchants et des gentils
Et pour sortir des moments difficiles
Avoir des amis c'est très utile
Un peu d'astuce, d'espièglerie
C'est la vie de Candy
"
Je vous avais prévenus...
de Santo Lunes (Saint Lundi), responsable désigné.
Il paraîtrait que les Chiliens font tellement la fête de de facon démesurée du vendredi au dimanche, entra amis et/ou en famille,
buvant plus que de raison et mettant ainsi en péril l'efficacité du lundi.
Gueules de bois et panne d'oreiller, ou fatigue démesurée
seraint donc le paysage des Chiliens le lundi.
Je reconnais que je n'aime pas les lundi.
Les lundis sont un début, une porte qui s'ouvre, mais une porte sans surprise, qui annonce sept jours de la semaine, comme toutes les semaines antérieures ou à venir.
Pour moi les lundi sont à la fois trop transparents et abstraits. Sans doute parce que je n'ai pas la chance de travailler 45 heures par semaine pour deux ou trois semaines de conger annuel avec un salae minimum légal de misère qui équivaut à une nuit à l'hôtel Sheraton Miramar de Viña del Mar.
Sans doute que cela m'empêche de percevoir la réalité.
Sans doute me manque-t-il ll'expérience d'être exploité par un riche patron pour apprécié les lundis à leur juste valeur et avoir envie (ou besoin) de gaspiller mes quelques sous dans la noyade de ma révolte de travailleur soumis.
Sans doute suis-je autruche ascendant blaireau et que j'ai la maison dans la lune quand mars et ca repart...
Sans doute qu'il me manque de connaître la tristesse d'avoir vu mon voisin arrêté sous la dictature ou de voir que le voisin d'en face, indic' notoire du même régime, puisse poursuivre joyeusement une vie de citoyen libre et nullement inquiété pour ses horribles agissements passés.
Il en est passé de l'eau sous les ponts depuis que le régime chilien est soi-disant repassé dans la démocratie. Mais à y regarder d'un peu plus près, il semble, hélas, qu'il n'y ait eu que l'eau pour passer sous les ponts et que le reste, tout le reste,
soit demeuré inchangé : la constitution de Pinochet, un régime ultralibéral, une économie toute puissante au mains de quelques richissimes magnats qui sont aussi de droite et possèdent tous les media (journaux et télévision), un Opus Dei omniprésent, une culture violente qui sort le gourdin à la moindre querelle (ce qui explique la devise du pays : Por la razon o la fuerza), une armée riche et indépendante, une classe moyenne quasi inexistante, une exploitation quasi servile de la main d'oeuvre, un Etat sans moyen ou pouvoir, des pouvoirs publics aux possibilités étroites, un des plus gros écart d'Amérique entre les riches et les pauvres, la loi la plus restricitve en matière d'avortement...
Dix-ans que la Concertacion (du PS au centre droit) croit diriger un pays... elle gère lea ffaires courante et colmate les fuite en passant trop de temps et d'énergie à écoper...
Cible privilégiée désormais des coups politiques les plus tordus, la Presidenta Bachelet est dans un impasse...
Je rêve qu'un lundi, elle trouve tout clea abstrait et qu'elle se décide enfin à faire éclater la Cancertacion pour, à la tête du PS, diriger seule le pays...
Le lundi aussi, l'utopie a sa place.
Ainsi, ma dernière échappée dans cette argentine voisine de Mendoza produit ces jours-ci sur moi, tandis que je remets le pieds à l'étrier de mon cheval de course "Bahia Utopica", des effets contradictoires et étranges.
Cela faisait six mois que je n'étais pas ressorti du Chili depuis mon dernier séjour enEurope. Six mois que j'avais quasi exclusivement consacrés à trouver une voie personnelle de respect du "contrat social" si cher à Rousseau (et que j'ai avec moi avec le souhait de trouver le temps de le (re)lire).
Ainsi, sortir du Chili m'a procuré une bouffée d'oxygène,
a réveillé en moi cette foutue drogue de l'échappée belle, a réactivé la partie de mon cerveau qui me sert à lire un plan, à changer de monnaie, à adapter mon comportement aux us et coutumes locaux, à avoir un regard neuf et ouvert sur tout ce qui m'entoure, à aller parler avec les inconnus pour satisfaire ma curiosité, etc.
Et revenir d'Argentine m'a donnée un autre rythme, un nouveau souffle mais aussi une autre vision de moi-même et de mon activité dans l'art actuelle.
A trop pédaler le nez dans le guidon,
on en oublie parfois la route ou le corps ou les deux.
Ainsi à Mendoza, il m'a fallu utiliser quatre monnaies : changer des euros étant plus intéresant que les pesos chiliens ; les argentins faisant souvent référence au dollar ; moi comparant les prix
entre les pesos chiliens et argentins, etc.
J'ai dû aussi parler quatre langues parce qu'en tant que ville touristique, on croise à Mendoza des Américains, des Francais,
des Allemands, etc.
J'ai aussi redécouvert le plaisir de manger de la viande, rien que de la viande et encore de la viande, arrosée de vins argentins aussi bons mais bien moins chers que les chiliens.
Et puis, j'avais apporté avec moi ""Che" de Pierre Kalfon, afin de relire la biographie du célèbre Argentin et de la comparer avec celle talentueuse mais "universitaire" de Paco Ignacio Taibo II.
Cette lecture m'a permis de mieux apprécier mon passage en Argentine juste après les grands mouvements de grèves des agriculteurs et producteurs agricoles dans tout le pays
et dont les effets se faisaient encore sentir lors de mon séjour puisque dans certains grands magasins, de nombreux produits de première nécessité (beurre, lait, fromage) étaient absents ou encore rationnés (pas plus de deux par personne).
Car l'Argentine qui vient d'élire à la présidence la femme du Président précédent a le triste privilège d'être l'un des plus importants exportateurs de viande au monde et d'avoir une partie de sa population qui meurt de faim, sept ans après la terrible crise qui a ruiné une grande partie des classes moyennes.
Mais Mendoza, ville plutôt riche et aisée dans son centre (capitale viticole du pays, ca aide !) respire le bien être et le calme, les maisons sont basses (à cause des tremblements de terre, ils construisent très peu en hauteur, et montrent ainsi leur raisonabilité face à des Chiliens qui multiplient les tours de plus de 20 étages),
et toutes les rues sont bordées d'arbres survivant grâce à un ingénieux système d'irrigation en forme de caniveaux ouverts dans tout le centre ville (car n'oublions pas que la canicule sévit dans ces contrées).
Voir un peu ailleurs m'a réouvert les yeux et l'esprit sur le monde,
pouvant juger trois pays (Chili, Argentine et France) et ne rien comprendre, ou presque de ce qui fit, fait ou fera qu'un pays ou une ville respirera le calme, le bonheur ou l'aigreur et la haine.
Je n'ai pas assez lu, ni assez appris, ni assez dialogué, ni même assez voyager pour que ma réflexion soit juste et complète.
Qu'importe, du peu que j'ai pu vivre, le sentiment d'injustice persiste partout, de Hambourg à Cuzco, de Paris à La Havane, de Madrid à Valparaiso, de Ushuaïa à San Francisco...
Je ne sais pas si c'est dû à l'individualisme, je serais tenté de le croire et Sébastien Cambouvile aussi qui a su dans son travail photographique montré la solitude urbaine comme personne (c'est ici que je l'ai trouvé).
Je continue de penser que nous construisons un monde dans lequel rencontrer des gens, leur parler et avoir le temps de partager du temps en leur compagnie en toute disponibilité sera un luxe réservé à quelques privilégiers. Les autres sernt au travail, crevés chez eux devant leur télé ou leur ordi, ou pas assez riche pour sortir boire un verre ou aller au restaurant ni même inviter chez eux des amis...
La vie est ailleurs que devant un ordinateur ou devant la télé (dit-il sur son blog en toute contradiction), l'homme est bien cet animal social, il a besoin des autres pour se construire et se différencier suffisemment pour se construire et s'aimer. Or nous construisons
une société qui supprime les différences, harmonise, globalise, mondialise, au mépris des goûts, des cultures, des calendriers religieux, culturels, temporels et saisonniers, faisant des hommes davantages des esclaves tous identiques dans leur goûts, les habitudes, leurs vêtements, leur nourriture et leurs modes de vie,
que des individus uniques, ce qu'ils sont tous.
Nous construisons une société qui accepte de moins en moins l'autre, le marginal ou celui qui est différent. La différence et la marginalité apparaît suspecte, parce qu'elle représente un danger à l'ordement des choses.
Ne pas porter de cravate, ne pas se raser, ne pas regarder la télé, ne pas avoir de téléphone portable ou d'ordinateur, ne pas avoir de mail, ne pas acheter de Barbie ni aller au Mac Do, ne pas avoir de coca chez soi ou ne pas boire d'alcool pendant une fête, ne pas se maquiller... sont autant de petites choses qui excluent...
Pourquoi ?
Comme vous le voyez, le voyage me pousse toujours à la réflexion.
Un proverbe chinois glané dans un livre de Francisco Coloane dit :
"Ce que j'entends je l'oublie,
ce que je vois je m'en souviens
ce que je fais je le sais."
Plus je "voyage" et plus je le crois.
je suis allé dans un pays que les Italiens ont largement construit,
de l'autre côté de l'Atlantique, en d'autres temps plus anciens : l'Argentine.
Il y a quelques temps, un sondage nationale demandait aux Argentins de choisir le personnage le plus important de leur pays.
On aurait pu s'attendre à Maradona, à Che Guevara,
ou encore à Éva Peron.
Non, celui qui fut choisi, c'est le Général San Martin,
celui qui lutta pour l'indépendance de l'Argentine et aussi contribua à celle du Chili en aidant son ami O'Higgins.
Si vous lisez la biographie de San Martin, en plus de trouver sa vie passionnante et folle, vous aurez comme moi la surprise de voir
qu'il est mort à Boulogne sur mer (d'où le post précédent).
Et moi, j'étais à Mendoza où le héros est autant célébré que partout ailleurs dans le pays, sauf que Mendoza est la ville avant la frontière avec le Chili que forme la Cordillière des Andes et que ce grand monsieur a franchi à cheval et avec son armée à plusieurs reprises.
Et il y a donc une avenue Boulogne sur mer à Mendoza qui longe un grand parc, le plus grand de la ville à l'entrée duquel il y a un immense portail en fer forgé et deux statues équestres.
Et là... énorme surprise...
Non, vous ne comprenez pas ?
Lisez ici : http://bertrand-bertrand.over-blog.com/article-733151.html
Incroyable mais vrai...
Je tombe nez à nez avec une reproduction des célèbres chevaux de Marly,cette paire de palfreniers nus (sans contrepèterie s'il vous plaît voyons)
domptant de superbes montures sauvages
les mêmes qui ornent l'entrée du célèbre Chateau de Marly,
mais que l'on peut aussi retrouver en bas des Champs Elysées
ainsi qu'a l'intérieur du musée du Louvre.
Et rappelez vous, le nom du sculpteur... Coustou !
Si si, comme moi... rire...
Bon, contrairement à certains membres de ma famille,
je n'aurai pas le culot d'aller raconter que c'est un ancêtre...
Les Coustou pulullent dans le sud ouest (ici non plus y'a pas de contrepet).
Mais, je dois reconnaître que cette rencontre m'a bluffé,
là-bas, à Mendoza, capitale du vin argentin, comme Bordeaux où je suis né,
de retrouver des statues de mon homonyme, à 12 000 kilkomètres de Paris
où pendant dix ans j'avais l'habitude de les apercevoir...
Moi, je dis et je le répète, il n'y a pas de hasard.
Et ca, le Che, San Martin et Maradona l'ont toujours su.

















