Surtout lorsqu'on vient d'achever un livre biographique fort.
Ca laisse des traces.
Et puis, se plonger dans un autre ouvrage demande aussi du courage,surtout lorqu'il s'intitule "La peur en Occident".
La peur me fascine, parce qu'elle décide souvent à notre place, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, puisque naturelle, la peur est en nous pour nous protéger du danger.
Le Che avait-il peur ?
Benicio del Toro avait-il peur en jouant le Che ?
Le président du jury du festival de Cannes, Sean Penn,
avait-il peur en décernant le prix d'interprétation masculine
à Benicio del Toro ?
Tout cela n'est brassage de l'air qui nous entoure.
Ici, au Chili, on n'est bien loin du Che.On continue de glorifier Augusto Pinochet pour avoir su faire barrage au communisme.
On continue de dire que le voyage officiel d'un mois de Fidel Castro au Chili après l'élection d'Allende fut trop long.
On oublie un peu vite que ce sont surtout des Chiliens qui sont allés aider Castro et les cubains à instaurer une nouvelle gestion du pays après la déroute de Batista.
On oublie un peu vite que c'est par l'entremise du président du Sénat, Allende,
que les "survivant du Che", sortis avec miracle du piège bolivien,
ont pu regagner Cuba.
On oublie un peu vite que le Chili a été le seul pays dans le monde à élire un président socialiste progressiste qui avait choisi la voie politique et pacifique
plutôt que le armes.
On oublie un peu vite aussi que Néruda n'aimait pas Guevara.
On oublie tout un peu vite, parce que tirer le rideau est plus facile pour vivre
que de se poser perpétuellement des questions.
Et parfois. il y a quelqu'un qui trouve l'interrupteur.Mais pas toujours.
Pas souvent.
Lire la biographie d'un personnage important, Napòléon, Jules César, le Che,
Jean Moulin, Voltaire, Jules Verne, Victor Hugo, Simon Bolivar,
Wolfgang Amadeus Mozart... permet de se dédouaner de ne rien faire, parce qu'on se sent, à côté de ces illustres personnages, nul, bon à rien, fainéant,
sans talent ni don, minable, petit, inutile.
La messe est dite, on ne sortira pas de la masse des anonymes,
le Panthéon n'est pas pour nous.
Les salons dorés de la renommés resteront vides face à nos glorieux efforts
pour survivre dans un monde malgré tout injuste et cruel.
Mais tous ces personnages aspiraient-ils à la renommée ?au pouvoir ? à l'ambition ?
Pff, qu'importe.
Le monde du consumérisme aujourd'hui broie ces personnages pour en faire
de la poussière d'or qu'il revend à prix d'or (forcément) sous toute ses formes : livres, films, disques, poster, montre, porte-clés, tee-shirt...
Sans se soucier des idées qui animaient ces gens.
Une question restera sans réponse en ce dimanche :
- que peuvent bien penser les frères Castro (Fidel et Raul) d'un prix d'interprétation au prestigieux festival de Cannes pour un acteur né à Puerto Rico pour son rôle titre de Che Guevara ?
Et tandis que l'on apprend la mort du chef des Farc,
on se dit que décidément, le monde piétine.
Il y a quatre ou cinq ans (voire six, je ne sais plus), j'avais lu celle écrite
par Paco Ignacio Taibo.
Avant de vous livrer mes opinions et ressentis, voire avant de vous faire
une lecture comparative, ou même encore une comparaison directe
entre les deux ouvrages (attention les enfants, comparaison n'est pas raison),
je vous livre un image prie dans les rues de Santiago.

Je vous laisse libre d'interpréter ce "mesclun" à votre guise.
Mais comme le Che, en cet anniversaire de mai 68 auquel il n'a pas pu participer,
et en plein festival de Cannes (qu'il aurait sans doute abhorré),
est devenu à la mode...
Celui qui est capable de me traduire ce qu'il y a d'écrit en lettre arabe
sera gentil de me transmettre la signification.
Je vous l'ai déjà expliqué dans un texte ICI
et je vous ai aussi photographié le défilé militaire l'an dernier ICI.
Je ne vais donc pas me répéter.
Mais le thème me permet de vous offirr une anecdote toute fraîche.
La semaine passée est venu squatter dans la baie de Valparaiso
le Porte-avion US "Washington".
Le dernier passage d'un porte-avion US dans le coin
avait laissé beaucoup de souvenirs aux Porteños qui avaient alors vu
affluer toutes les prostituées de la région
et avaient aussi engrangé beaucoup de dollars.
Le GI à terre ne compte pas les dollars sous le soleil.

Les GIs, cette fois, ont recu de la part de leur commandement
un petit feuillet récapitulant leurs droits et devoirs à terre
comme militaire d'un pays étrangers.
Et aussi une petite carte représentant les deux villes de la baie de Valparaiso : Valparaiso et Via del Mar.
Pour connaître Viña del mar, je vous recommande de relire mon texte ICI.
La petite carte comprenant deux plans des deux villes siamoises avec des zones rouges interdites, des zones vertes recommandées
et des zone blanches autorisées.
Valparaiso était très majoritairement rouge et quasi sans vert
et Viña del Mar avec beaucoup de zones vertes.
Que se passa-t-il donc ?
Les GIs partirent en masse à Viña et très rares furent ceux qui s'aventurèrent
dans le vieux port mythique.
Un comble.
Certains diront un scandale.
Le "Patrimoine de l'Humanité", le port, l'Armada, toute l'authenticité de Valparaiso est à Valparaiso et nulle part ailleurs
Et tous partirent à Viña parce qu'ils ne le savaient pas, parce qu'on leur avait menti.
Et tous dépensèrent leurs dollars dans le Mall de Viña...
Alors, après les dernières études sur les bateaux de croisières qui ne rapportent presque pas à Valparaio lors des escales, parce que les passagers partent tout de suite en bus pour Santiago ou pour ailleurs...
On se demande à quoi sert Valparaiso.

Oui, à quoi sert Valparaiso ?
A quoi sert Valparaiso,
à quoi sert un défilé militaire,
à quoi sert une inscription au patrimoine mondial de l'Humanité ?
A quoi sert un porte-avion,
à quoi sert un GI,
à quoi sert le dollar ?
A quoi sert l'hémisphère sur ?
Pour cete dernière, Serrat nous offre une réponse,
parce que El sur tambien existe
Con su ritual de acero
sus grandes chimeneas
sus sabios clandestinos
su canto de sirena
sus cielos de neón
sus ventas navideñas
su culto de Dios Padre
y de las charreteras
con sus llaves del reino
el Norte es el que ordena
pero aquí abajo, abajo
el hambre disponible
recurre al fruto amargo
de lo que otros deciden
mientras el tiempo pasa
y pasan los desfiles
y se hacen otras cosas
que el Norte no prohibe.
Con su esperanza dura
el Sur también existe.
Con sus predicadores
sus gases que envenenan
su escuela de Chicago
sus dueños de la tierra
con sus trapos de lujo
y su pobre osamenta
sus defensas gastadas
sus gastos de defensa.
Con su gesta invasora
el Norte es el que ordena.
Pero aquí abajo, abajo
cada uno en su escondite
hay hombres y mujeres
que saben a qué asirse
aprovechando el sol
y también los eclipses
apartando lo inútil
y usando lo que sirve.
Con su fe veterana
el Sur también existe.
Con su corno francés
y su academia sueca
su salsa americana
y sus llaves inglesas
con todos sus misiles
y sus enciclopedias
su guerra de galaxias
y su saña opulenta
con todos sus laureles
el Norte es el que ordena.
Pero aquí abajo, abajo
cerca de las raíces
es donde la memoria
ningún recuerdo omite
y hay quienes se desmueren
y hay quienes se desviven
y así entre todos logran
lo que era un imposible
que todo el mundo sepa
que el Sur,
que el Sur también existe.
Hier , un journaliste radio chilien me cueillit à froid e disant un truc du genre :
"Ah, les Francais ils viennent tous ici pour faire la révoluion ou changer les choses. Mais on a pas besoin d'eux et on n'a pas besoin de leurs lecons, s'ils veulent faire la révolution qu'ils la fassent dans leur pays, ici tout va très bien on n'a pas besoin de changer quoi que ce soit."
Hier encore, j'¡ai été un brin responsable d'une rencontre et d'un dialoue hélas inédit au Chili : d'un côté la fille d'un des ministres d'Allende de la première période (il ne le resta que quelques mois), et de l'autre côté "l'aide de camp" du Ministre de l'économie sous Pinochet.
Où l'on se rend compte que chacun a vécu dans sa bulle sans connaître l'autre pen de la réalité.
Alors comme je suis un Francais au Chili, je n'ai de lecon à donner à personne.
D'autant que les Chiliens semblent se débrouiller tout seuls, petit à petit.
Ainsi, j'ai enfin pu entrer au tristement célèbre numéro 38 de la Calle Londres, lieu de torture que les associations voudraient transformer en musée de la dictature...
Et puis, parce que c'est dimanche et que le dimanche, chacun fait ce qu'il veut, moi je propose ici quatre clichés pris ces jours-ci dans Santiago del Chile.
Chacun y verra ou y comprendra ce qu'il veut ou ce qu'il peut, parce que je n'en ferai aucun commentaire.



Et derrière chaque image ? Un mur...mur !
Non, non, non et non !
Oui, j'ai deux ans, l'âge du non.
Non!
Non, le bio carburant n'est ni bio, ni écolo, ni rien...
Il utilise des terres arables qui devraient servir en premier lieu
à nourir les locaux puis le reste de l'humanité,
et non pas alimenter le réservoir d'une voiture.
Vu la crise mondiale actuelle sur les prix des denrées alimentaires,
il faut que les politiques soient humaines.
Nous, les êtres humaines, ne sommes ni des robots,
ni du bétails, ni des esclaves.
Non au Dakar en Amérique latine. Quelle farce ! Quel scandale !
On a chassé les cons du bac à sable et ils ont trouvé un autre bac à sable tout beau tout propre et tout neuf pour faire caca dedant.
Par "faire caca", outre que j'ai deux ans, j'entends dire qu'ils vont polluer l'atmosphère avec les centaines de véhicules et hélicoptères passant par là.
Ils vont aussi détériorer des paysages et des endroits quasi vierges et purs,
ils vont polluer visuellement des sites avec la pub et la soi-disante modernité,
étalant des richesses obscènes sous les yeux de gens qui gagnent pas même de quoi s'acheter un pneu.
J'ai deux ans !
Et j'attends le Dakar à Valparaiso...
Mais que va venir foutre le Dakar à Valparaiso ?
ll ne manquerait plus qu'un Dakar bio avec bio carburant...
Question : combien de Chiliens peut-on nourir avec le budget total d'un Dakar ?
Du reste la Birmanie dévastée offrirait un bel ersatz au rally des mille lacs,
et la Chine effondrée un beau terrain de jeu pour 4x4.
Non !
Non au JO en Chine, bien sûr.
Et quel cirque que de faire monter la flamme en haut de l'Everest, seulement pour dire "et au fait, y'a pas que le Tibet qui doit la fermer sa grande gueule, y'a aussi le Népal et tout
l'Himalaya, parce que tout ca, c'est la Chine"
Mais bon, les grandes entreprises mondiales qui ont compris qu'on pouvait se faire des couilles en or avec la Chine n'ont pas lésiné à envoyer de l'aide comme investissement à moyen terme...
Combien de cadres actuellement dans le monde apprennent à parler Chinois ?
J'm'excuse pour le vocabulaire mais j'ai deux ans.
Non !
Non au porte avion US dans la baie de Valparaiso.
On nous l'exibe comme un gros joujou,
alors que c'est avant tout un instrument de mort.
La preuve ? La dernière étude américaine qui chiffre à 600 000 morts supplémentaires en Irak
depuis l'occupation yankees...
Combien de Twin tower en Irak ?
Et pendant ce temps là, Ben Laden continue de leur faire des grimaces par video interposées...
Je propose que l'on offre à Ben Laden et à Bush un Black Berry chacun,
pour qu'ils nous foutent la paix et s'envoient directement des video à partir de leur portable sans faire chier la planète.
Non ! Non et non !
J'ai deux ans !
J'ai deux ans et ca fait trois ans que j'ai découvert le Chili...







