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  • : Blog d'un ancien voyageur installé à Valparaiso depuis 10 ans, au Chili, a voyagé aussi en Cargo. Résultat : textes en tout genre, carnet de voyage, photo, réflexions et même un peu de poésie dans ce monde de brutes.
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ENFIN !!!!

Infotographidée de la semaine

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:21

Titre provocateur, puisque la provocation semble être la seule arme qui reste valide dans un monde où l'argent décide de tout, y compris des idées et de la morale.

Un projet d'extension portuaire met en péril la beauté patrimoniale et culturelle de Valparaiso, parce qu'au Paradis de la concession qu'est le Chili, une entreprise espagnole a remporté le gâteau et peut, tout à son aise, construire quais, installer grues et envahir la baie aux pieds des collines les plus belles et les plus intéressantes, pour faire du fric, du fric du fric.

Alain de Valpo l'a très bien écrit ici :

http://blogs.mediapart.fr/blog/alain-devalpo/200215/valparaiso-face-au-pire-tsunami-de-son-histoire

Par manque de régulation institutionelle, le Chili depuis toujours se laisse grignoter par le désir d'argent d'entreprise internationales toujours plus gourmandes. L'eau, l'énergie, les transports publics, les autoroutes, les aéroports, tout vie sous le joug de la concession, au grand dam des usagers et à la grande joie des actionnaires qui se dorent la pilule à Miami ou Courchevel.

Mais sert-il à quelque chose de vouloir sauver autre chose ?

Valparaiso vaut-il la peine ?

Et d'abord, que veut-on sauver ?

Il s'agirait, je pense, d'abord de savoir dans quel monde nous voudrons vivre demain.

Toujours plus grand, plus vite, plus fort... Il faudra bien que cela cesse un jour, cette expansionnisme économique. 

Mais qui propose une alternative, un frein, une autre conception de la vie humaine... ?

Personne, semble-t-il.

Alors, il reste la provocation, c'est à dire la réaction exagérée en réponse à quelque chose d'rritant, d'insupportable et contre lequel on se sent désarmé.

Car les armes sont dans les mains des autres, de ceux d'en face, de ceux qui n'hésitent pas à tuer, y compris pour une caricature, pour une dessin, pour une blague.

Et pourquoi ne pas avoir massacré les Grosses Têtes tant qu'on y est ? Car le monde est fou à lier, une mauvaise blague deviendrait plus dangereuse qu'une bombe humaine ?

Surtout, surtout, résister au réflexe de vouloir répondre par la morale, par la loi, par la censure ou par quelque normatisme que ce soit.

Le monde est de plus en plus violent, parce que la violence aussi est aux mains de ceux qui ont l'argent et le pouvoir et qui en veulent davantage : marchands d'armes, de systèmes de sécurités, de mercenaires, de pétroles, de diamants, de femmes, d'enfants, de drogues et de plaisirs faciles. Et ils manipulent jusqu'à nos mentalités.

La provocation permet aussi, assez facilement et à moindre coût, de mesurer la réponse de l'autre. Si cette dernière est disproportionnée, exagérée et violente, elle montre alors toute sa terrifiante nature. Celle du pouvoir sans concession, sans éthique, sans humanité. Elle montre qu'il faut chercher une autre voie pour la combattre.

Que pourrions-nous donc sauver avant de sauver Valparaiso ?

Déjà Valparaiso s'est construite et développée durant la belle épòque de la colonisation espagnole, puis du commerce maritime anglais, de l'exploitation des mines de nitrate, puis de cuivre. Bizness is bizness.

Espagnols, Allemands, Anglais, Francais, Croates... Ils ont tous contribué à son essor.

A l'instar d'un Marseille, Hambourg ou San Francisco, entre voyages et chercheurs d'or, entre pirates et trafics en tout genre, Valparaiso est avant tout un port, une porte ouverte sur le monde.

Mais aujourd'hui, les ports industriels, automatisés, déshumanisés, sont coupés des villes dont ils étaient à la fois des excroissance et des matrices, pour devenir de simple sites industriels, sales et bruyant dont l'activité économique n'enrichit plus les habitants sinons d'anonymes et lointains actionnaires.

Une simple nuisance, un parasite.

Reste l'Histoire, le patrimoine construits avec le temps, la nostalgie.

Mais les Institutions chiliennes, n'ont tujours pas acquis cette culture offensive de la défense de ces valeurs, cédant par concessions sonnantes et trébuchantes le territoire à ceux qui savent négocier et prospérer.

Et vogue la galère !

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commentaires

Phili 23/02/2015 02:32

De la même manière qu'ils ont su bloquer le Mall Baron ils peuvent bloquer ce projet.