Il est bien loin désormais le temps où je m’enorgueillissais de mes soi disantes compétences en santé publique. Je mesure cet abyssal espace-temps qui me sépare de mon autre vie antérieure quand parfois je lis des informations qui contiennent des mots que j’usais et dont j’abusais professionnellement parlant.
Des mots tels que « prévention », « sida », « contamination », « téléthon »…
Or, il se trouve que ces jours-ci, dans la presse française que je continue de consulter grâce à Internet et qui me permet de relativiser ma vie d’expatrié au bout du monde, on parle beaucoup de sida, de grippes, de téléthon, de vaccination, etc.
Alors, « je me souviens je me rappelle…
Je me souviens je me
rappelle » (comme le chante si bien Daniel Darc).
Nous sommes en 2009 et le sida est toujours là, toujours aussi présent, toujours aussi dévastateur, malgré les mobilisations, les millions de dollars, les sidactions et autres préventions… Mais
le fait qu’il ait touché les homosexuels masculins et les usagers de drogues, le fait qu’il se propage aussi sous le manteau à travers l’adultère, la multiplication des partenaires et que le
meilleur rempart est la confiance et le souci de l’autre, tout ça en font une maudite maladie sans fin.
Et si l’on rajoute à cela toutes les conneries annoncées, depuis l’enculage des singes verts jusqu’au complot des laboratoires pharmaceutiques en passant par le virus inventé par les Blancs pour tuer les Noirs ou les empêcher de procréer…
No coment ! (j’ai encore reçu un Spam de ce type de contenu il y a à peine deux semaines).
Pour la grippe, c’est autre chose… et d’ailleurs quelque chose que je ne comprends pas bien… J’ai dû rater quelques épisodes… zut alors… J’ai pas réussi à voir celui où les lobby pharmaceutiques réussissent à convaincre les pouvoirs publics français du bien fondé d’une vaccination générale… J’en suis resté au match PSG-OM suspendu et à la psychose mondiale dans les aéroports.
Quelqu’un peut-il m’éclairer ?
Quant aux Téléthon, sidaction, collecte caritative et autre création de fondation privé pour résoudre des problème publics, à l’heure de la crise économique largement accentué par les dérives d’individus sans scrupules qui ont joué avec le feu avec l’argent des autres, à coup de spéculation, d’argent sale, de montage de cavaleries et autres énôôôôrmes arnaques, il y aurait en ce moment un bon coup de balai à donner. Le privé ne peut se substituer aux pouvoirs publics, y compris pour les plus nobles cause, pour la bonne et simple raison que les pouvoirs publics devraient prendre en charge ce qui touche la collectivité, quelle que soit la minorité de cette collectivité concernée.
Par ailleurs, il devrait éthiquement être interdit de spéculer sur les marchés boursiers ou dans l’immobilier avec des fonds collectés pour de « bonnes causes ».
Y’en a marre des téléthons et autres collectes médiatiques qui vomissent les souffrances humaines en gros plans pour récolter un argent qui devrait en toute logique sortir du budget de l’Etat lors du vote du budget au Parlement. Mais nos chers hommes politiques préfèrent, semble-t-il, tâter du myopathe en direct à la télévision que mouiller la chemise au Parlement pour défendre ce même myopathe avant qu’il n’étouffe d’espoir déçu. Sont-ce les mêmes qui promettent de donner au Téléthon et qui ne disent rien quand la police va chercher un enfant de sans papier à l’école ?
Et au Chili me direz-vous ?
La grippe a tué, alimentant la panique mondiale, les premiers titres des journaux télévisés… c’était hier, non il y a un mois, non davantage ? Depuis la qualification de la Roja pour la
prochaine coupe du monde en Afrique du sud et en attendant le dénouement des élections présidentielles à la fin de l’année, y’a plus trop de place pour une grippe…
Quant au sida… ils en sont encore au débat sur l’homosexualité puisque les deux principaux candidats à la présidentielle ont décidé de montrer ouvertement des homosexuels dans leurs spots de campagne, ce qui a eu pour effet d’offusquer grandement l’Eglise catholique qui l’a clairement et bruyamment fait savoir.
Quant au Teleton local, sorte de fondation privée qui en appelle chaque année à l’approche de l’été à la générosité de tout un chacun pour palier les réelles insuffisances de prise en charge sanitaire et sociale des handicapés au Chili, il n’a pas lieu cette année à cause des élections présidentielles.
Gavés au coca et aux chips, férus de fast-food et autre comida chatarra (littéralement « bouffe de merde »), les Chiliens affichent de superbes taux d’obésité. Premiers consommateurs d’alcool du continent latino-américain et second buveur de coca-cola derrière le Mexique, les Chiliens, à défaut de gagner la prochaine coupe du monde de football, pourraient bien apparaître comme le premier vrai pays victime de la malbouffe.
Quand un litre de soda vaut moins cher qu’un litre de
lait, quand un paquet de chips hyper gras et salés et moins cher que des légumes, quand le pain-margarine et le thé sucré remplit mieux les estomacs qu’un potage accompagné d’un peu de poisson…
Quand la nécessité économique, les taux de crédits usuriers et le coût de la vie trop élevés pèsent sur les épaules des parents, ce sont les enfants et futurs citoyens qui trinquent et qui
enflent.
A l’heure ou presque partout dans le monde l’obésité est devenu un signe de pauvreté et de manque d’éducation avant d’être un signe de malnutrition, il est de plus en plus difficile de faire de
la prévention.
Et recevoir dans sa galerie d’art des touristes venus du monde entier permet de mesurer l’ampleur de l’atroce épidémie galopante d’obésité qui nous menace, tant l’image du Nord-américain atrocement obèse est une réalité gélatineusement tremblante et trébuchante sur les cerros de Valparaiso.
Mais il vaut mieux un monde où tout le monde mange à sa faim chez Mac Donald, qu’un monde où la faim tue les enfants, non ?
D’ailleurs, après avoir savouré l’excellent dessin animé « Ratatouille », il a bien fallu accepter de voir « Pluie d’hamburger », non ?
Il est bien loin le temps où j’aurais cassé du McDo en chuquant du foie gras à l’Armagnac.
Il est bien loin le temps de la savante illusion depuis mon point de vue de Parisien aisé.
rkolandia




D’abord, n’oublions pas de fêter le retour en première division des Santiago Wanderers, l’équipe de
football de Valparaiso, qui sont en vert comme mes idoles stéphanoises de ma jeunesse de footballeur ou j’aimais arborer le numéro 7 de Dominique Rocheteau dont j’avais davantage la chevelure que
le talent.

déterminé ou tranporté par le hasard,